Rejetons les modalités et l'ordre du jour du congrès "extraordinaire".

Publié le

Conseil national du PCF des 22 et 23 juin 2007.
 
Nous dénonçons et rejetons les modalités et l'ordre du jour du congrès "extraordinaire".

La version définitive du « relevé de décision » du dernier CN se trouve sur le site national du Parti (en lien). Nous reproduisons ci-dessous le projet de texte tel qu’il a été soumis aux membres du CN samedi 23 dans l’après-midi. Nous prenons ainsi au mot l’intention affichée « de transparence, de respect de la souveraineté et de la diversité des communistes ». Les modifications, apportées à la suite de la séance, ont (un peu) édulcoré, dans la rédaction, son contenu, très lourd de menaces pour l’avenir du Parti. La première version permet encore mieux le percevoir.   

Nous sommes intervenus avec véhémence au CN pour nous opposer au sens de ce texte.

1°- Dans la continuité du rapport de MG Buffet, il évacue presque complètement de l’ordre du jour du congrès le bilan des choix stratégiques depuis 15 ans et de la dernière période pour replacer le résultat des présidentielles dans un échec global de la « gauche » et le « déclin électoral quasi permanent depuis de nombreuses années ». Pour le nième congrès consécutif, la question de la « visée communiste », doublée maintenant de l’avenir de la gauche est fixée comme priorité.

2°- Sur cette base, le texte met clairement à l’ordre du jour des deux prochains congrès, le congrès « extraordinaire » de décembre 2007 et un autre en 2008 la question de la liquidation du Parti. Il invite à «  un inventaire général portant sur la nature et la pérennité d’un parti communiste dans notre pays », à « appréhender sans tabou ni a priori la question du devenir de notre organisation », à « s’inscrire sans réserves dans le débat et les initiatives qui vont concourir aux évolutions et recompositions à gauche ».

Un paragraphe a été finalement transformé car il était sans doute trop explicite. « Le rapport du Conseil national présenté par MG.Buffet fait état de premières hypothèses parmi lesquelles « celle de décider la création d’un nouveau parti, de le dépasser pour en fonder un avec d’autres à l’exemple de Die Linke, d’affirmer l’existence du PCF comme préalable à tout débat sur cette question, ou bien de réfléchir à partir du potentiel du Parti communiste, à ce que pourrait être une force communiste aujourd’hui… » ». Uniquement des hypothèses annonçant une fin du PCF… Nouvelle formulation de ce paragraphe : « Dans son introduction aux travaux du Conseil National, Marie George Buffet nous invite à explorer toutes les options vis à vis desquelles les communistes auront à se prononcer. »

3°- La préparation du congrès extraordinaire est envisagée de façon à ôter aux communistes toute possibilité de s’opposer à cette phase finale du processus de mutation-démolition.

-          C’est un « congrès » bâclé : il est fixé aux 8 et 9 décembre. Mais ses « modalités » ne seront fixées que début octobre, laissant moins de 2 mois au débat dans le Parti.

-          Les communistes discuteront dans le vide. Nous avons compris de plusieurs interventions qu’il n’est pas prévu de base commune de discussion, permettant de se prononcer sur un bilan et une orientation (donc automatiquement selon les statuts pas de textes alternatifs).

-          D’ici octobre, un débat sans forme est prévu, mis à part un « questionnaire » envoyé à tous les membres du PCF dont l’exploitation pourra être digne de celle des instituts de sondages.

-          Au nom de l’ouverture, les contributions de non-communistes, « experts », « spécialistes », vraisemblablement partisans d’un nouveau parti de gauche seront mises en avant. C’est ce que nous déduisons, après les multiples annonces aux media de MG.Buffet d’un « congrès ouvert », des appels et références « à tous les progressistes », à « tous les hommes et femmes attachés à l’idée même de changement ». Acquis à la recomposition de « toute la gauche » ? Evidemment !

Dès le début de la séance du CN du 22, Claude Fainzang a réclamé la liste des membres pressentis de la commission de préparation du congrès annoncée dans la note de Michel Laurent. Nous a été communiquée le 23 une liste pléthorique d’un « collectif d’animation de la 1ère phase de préparation du congrès avant octobre ».

30 membres du CN ont voté contre ce projet de « relevé de décisions ».

Ce texte témoigne de deux choses :

-          la détermination de la direction, dans la multiplicité de ses composantes et de ses clans, à accélérer la liquidation, à arriver à la rupture finale avec le PCF.

-          sa méfiance vis-à-vis des adhérents et de la persistance du fait communiste dans notre pays dont elle sent bien qu’ils ne sont pas prêts à cautionner cette stratégie suicidaire, plutôt meurtrière.

Ce CN ne peut que nous inciter à développer la mobilisation des communistes contre ces projets, à la faire entendre, à faire vivre le PCF contre cette stratégie en mettant au cœur la véritable ouverture : celle sur les luttes.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
publié par PCF - Section Paris 15ème dans: Actualités
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ZADIG 03/08/2007 22:51

Il faut que Bocquet et Chassaigne disent ce qu'ils pensent (Cad que Hue, Braouezec, Gayssot, Asensi, Martelli, Hautain, and Buffet ont été des catastrophes politiques pour le PCF).Il faut que les bouches s'ouvrent comme disait Thorez...ZADIG

esclavage moderne 22/07/2007 22:57

Un suicide par jour au travail : pourquoi pas de réaction du « Président » ?de Gérard FilocheIl ne va plus voir ceux qui se lèvent trop tôt, se couchent trop tard, et s’épuisent au point de se suicider au travail.A force qu’il se déplace partout, s’occupe de tout, fasse des projets et des lois sur tout, faits divers, accidents de la route, feux de forêts, tour de France, infirmières bulgares, comment ne pas s’étonner par les questions qu’il « laisse tomber », sur lesquelles il n’intervient pas, ne parle pas, ne réagit pas, ne légifère pas ?Pas de photo, pas d’image, pas de flash info, pas de visite d’entreprise, sur le dernier des suicides au travail… Rien.Il y a eu 360 cas de suicides liés directement au travail l’an passé, un par jour. Cela concerne des employés, des ouvriers, et les cadres, manuels et intellectuels, le stress au travail, la souffrance au travail, la violence des rapports d’exploitation, les rapports de « management » hiérarchiques, le chantage à l’emploi et au salaire…… Plus grave que la délinquance criminelle, ce phénomène est pourtant ignoré : RachidaDati ne fait pas de loi, pas d’enquête, on n’envisage pas de remède, rien. Pas visite dans une entreprise, pas de déclaration au Journal télévisé, pas de visite à la famille, pas de rendez-vous express, pas de « petite phrase », rien.Pas de proposition ! Parce que n’est-ce pas, dans le régime où nous sommes, si le Président ne réagit pas en personne, ne propose rien, c’est que le sujet n’est pas important.En France, on utilise les mots « burn out » (anglais) ou « karochi » (japonais) pour parler de l’auto destruction par la travail… n’y a t il pas de mot français ? Pourtant cette violence au travail concerne plus de 22 millions de personnes…Ah si ! Le Ministre du travail Xavier Bertrand a dit qu’il « suivait, qu’il se tenait au courant » et a parlé du « Chsct » de la dernière entreprise où il y a eu un suicide…Les Chsct sont en général réduits à une peau de chagrin. Il n’y en a que 22 000 pour 1,2 million d’entreprises ayant au moins un salarié. Ils n’ont droit d’exister que dans 3 % des entreprises, celles de plus de 50 salariés, mais même là, dans la majorité des cas, il n’y en a pas.Ne parlons pas des 97 % de plus petites entreprises (8 millions de salariés) où le taux d’exposition aux risques est pourtant plus grand.Lui, le Président, si prompt d’ordinaire en tout, il n’a pas proposé, par exemple, d’élargir les pouvoirs et d’augmenter les moyens des Chsct (Comité d’hygiène, sécurité, conditions de travail), ces institutions qui devraient normalement être en charge de réagir à de tels risques !Créés en 1982, les Chsct ne disposent pratiquement pas de « crédits d’heures » pour leurs membres, sauf par accord exceptionnel, dans les très grandes entreprises. Ils n’ont pas de budget propre. Leurs membres ne sont pas élus mais cooptés, ce qui diminue l’impact de leur action auprès des salariés. Ils ne disposent presque pas de formation pour appréhender les immenses sujets qu’ils doivent aborder, en matière d’hygiène, de sécurité, de conditions de travail (alors que ces sujets ont été considérablement étendus depuis 1982, avec la prise en charge du harcèlement sexuel et du harcèlement moral). Seulement 1 % des Chsct font appel à une expertise comme ils y ont droit, et dans la majorité de ces cas, cette demande est contestée par l’employeur.Surtout, les Chsct, n’ont pas de moyens d’imposer leurs décisions, ils rabâchent des recommandations de réunions trimestrielles en réunions trimestrielles, que l’employeur n’est pas tenu de respecter, il n’y a pas d’avis conforme, ni d’obligation de faire…Si bien qu’aucun contre pouvoir, en dehors des faibles et impuissants moyens de l’inspection du travail, de la médecine du travail, n’est en mesure, dans l’entreprise, de pouvoir stopper les folies managériales qui exigent chaque jour toujours plus de rentabilité, de productivité, d’objectifs de plus en plus inatteignables, avec une pression de plus en plus féroce sur chaque salarié, avec des heures supplémentaires en nombre exponentiel et non déclaré, non payé, non récompensé.Même les syndicats, dans un tel contexte, sont conduits à sous estimer les Chsct, à pas investir dans de l’énergie perdue car inefficace.Pourtant il existe des propositions, des mesures, de quoi faire un projet de loi, plus utile, plus vital, plus impératif pour la vie de millions de salariés, que d’autres actuellement priorisés au Parlement pour « l’affichage ».Mais le président a décidé de ne pas « afficher » cela, ne de pas légiférer, de ne pas réagir, de ne pas se pencher sur le sujet. Dans le régime actuel, les suicides au travail, à cause du travail peuvent continuer à raison de un par jour…Commentaire par esclavage moderne