Comment enrayer le déclin médiatique du PCF?

Publié le

« Je mets en ligne cet article pris sur BELLACIAO.
Je ne suis pas d’accord sur tout mais, il montre qu’un prise de conscience est en train de se faire chez nos camarades.
 
Nous avons besoin de redémarrer un vrai dialogue avec les Français.
 
Valls a dit que le PS était au bout.  C’est une évidence.
 
Nous avons besoin de faire passer nos messages. Mais ce n’est pas avec les Dartigolles et compagnie que le dialogue avec des Français exploités, appauvris que la mayonnaise va prendre.
 
Pour porter nos messages, nous avons besoin dans les 3 ans qui viennent de Maxime GREMETZ, André GERIN, Alain BOCQUET. Ils ont la notoriété, ils sont reconnus par le plus grand nombre dans les couches sociales les plus touchées par le libéralisme émergent.
Il est grand temps d’imposer ce point de vue dans toutes les structures du PCF avant le point de non-retour. »
 
Jacques
Une des raisons du déclin du Parti communiste français, est du à son incapacité à être perçu comme offensif par les citoyens et porteur d’un nouveau projet pour la société.
Même si les médias sont aux ordres des grands groupes capitalistes comme Bouygues, sous influence de « vendeurs de mort » comme Dassault, ou bien encore dépendant des publicités, nul doute que l’espace médiatique est un outil à utiliser dans l’espoir de voir l’audience et la capacité d’écoute du PCF augmenter.
Une radicalité perdue
Arpentant de temps à autres les marchés pour distribuer des tracts, j’entends souvent cette phrase « ce qu’il vous faudrait c’est un nouveau Georges Marchais » ou bien encore « lui-Georges Marchais- il était offensif ».
Plus rarement mais néanmoins surprenant, j’entends aussi cette phrase « J’aime bien Gremetz, lui au moins, il en veut », « lui c’est un type comme nous, il a de la gouaille ». Même si le député Maxime Gremetz, est sujet à controverse à l’intérieur du Parti, il est perçu comme un personnage sincère et énervé.
On ressent une certaine nostalgie du PC de la grande époque mais un besoin clair s’exprime : la recherche de la radicalité perdue. Depuis le début des années 1990, le ton a changé avec la Mutation. Les termes ont évolué, le PCF a perdu sa radicalité.
La mutation et le changement de rhétorique
Plus questions de « lutte des classes », fini les références au socialisme, début des repentances médiatiques concernant les expériences socialistes, suivit de la raréfaction ou la quasi-disparition d’attaque violente envers le patronat, les gouvernements successifs et le Parti socialiste. La mutation, qui partait d’une idée de « modernisation » a fait perdre au PCF toute sa radicalité voir même son identité. Cela s’est traduit par un déclin du « Buzz » médiatique du PC.
Nicolas Sarkozy est arrivé à séduire de nombreuses personnes dans les quartiers populaires en présentant un projet précis, argumenté et on se montrant comme un fin débatteur et un leader remarquable. A chaque apparition de Jean marie Le Pen, l’audience est forte et large, beaucoup de non frontiste l’écoute par simple curiosité, par recherche de formule choc ou encore de dérapages polémiques. Peut-on dire que l’actuelle secrétaire nationale ou les autres membres médiatisés incarnent la « force du tribun » et celui de la « bête médiatique respectée » ?
N’est il navrant de lire certains comptes rendu de la direction nationale pleurnichant de la marginalisation du PCF alors que les mass-médias font tout pour le tuer aux yeux de l’opinion public ?
Le changement de rhétorique et de stratégie médiatique a permis l’émergence de l’extrême gauche dépassant le PCF
Une réussite médiatique : Olivier Besancenot
Un exemple de radicalité qui est une réussite : la LCR de Besancenot. Depuis 2001, la LCR, qui est un petit groupe trotskiste est devenu un phénomène médiatique. A chaque élection, où la personnalisation est forte, la LCR a dépassé le PCF notamment lors des deux dernières présidentielles.
Le discours de Besancenot est clair : pas d’alliance possible avec le PS. Celui du PCF est toujours ambigu courant le risque d’un retour à la gauche plurielle numéro 2. Le PCF, quant à lui prône une rhétorique plutôt lourde, avec des phrases longues et un style imprécis comme l’ « ultralibéralisme » « créer l’alternative à gauche » etc.… Ce manque de clarté et le ton misérabiliste employé font que les interventions médiatiques du PCF ne sont pas attendues par les citoyens, tandis que celle de Besancenot si !
Lors de chaque apparition médiatique, Besancenot apparaît comme offensif n’hésitant pas à tacler tous les tenants du libéralisme. Il incarne à sa manière une jeunesse révolté. Voit-on cet esprit de révolte défendu par les têtes médiatiques du Parti ?
De plus, la LCR a compris qu’il fallait utiliser les médias. Tout le monde connaît le facteur Besancenot. Personne ne sait qu’elle est le métier de MGB ? Peu de gens savent ses mandats électifs.
Au football, Il est plus facile de séduire des spectateurs en proposant une tactique offensive qu’un jeu défensif et rafistolé. En politique cette théorie s’applique fort bien. Ainsi le petit frère trotskyste l’a bien compris et en finalité dépasse le PCF en influence médiatique.
Le PC possède un avantage : il n’est pas dépendant des médias pour faire diffuser ces idées. Les médias n’ont pas hésité à mettre Laguiller en avant, puis Besancenot lorsque les premières difficultés du PCF ont apparu lors des années 1990. Ces derniers préfèrent mettre en avant la LCR de Besancenot fort de ses 3000 militants et d’une poignée d’élus que le Parti Communiste avec ses 140 000 adhérents et ses 12000 élus. Il est plus facile et moins dangereux de faire émerger un groupuscule aux attitudes des plus sectaires et détestables que de parler du parti qui a menacé l’ordre établi depuis sa création.
Quelles solutions ?
L’échec de la mutation à tout point de vue, nécessite une nouvelle orientation stratégique et donc médiatique pour l’ancien parti du peuple. Comment s’accaparer de l’espace médiatique sans pour autant en devenir dépendant ?
La méthode Bové qui a marqué de nombreux français. Les actions spectaculaires comme le fauchage d’OGM, la destruction d’un mac donald’s ou bien encore son expulsion d’Israël a été très médiatisés. On l’aime ou on ne l’aime pas mais on le connaît. Une des solutions serait de s’inspirés de cette méthode de l’action coup de poing : efficace, offensive et surprenante.
Critiquer les médias comme l’a fait le démocrate-chrétien Bayrou. Cette attaque – justifiée- lui a permis de créer un Buzz sans précédent et a réussi à faire passer le centriste pour une alternative au duo PS-UMP
Dernière possibilité, la plus simple des 3 : redevenir le parti communiste offensif d’il y 20 ans, tout simplement en remettant à jour l’analyse communiste avec une critique du capitalisme et de grandes salves contre tous les adversaires du peuple. Comme dirait un célèbre chansonnier « Reviens Lénine, ils sont devenu mous ! »
Bacantel PCF67
 

De : Bacantel67
mercredi 22 août 2007

Commenter cet article

ZADIG 23/08/2007 22:25

Le pb n'est pas les médias mais l'absence de fondements idéologique.
Hue, Buffet, Braouezec, Hautin c'est idem, média ou pas. C'est la soif de pouvoir affirmée.
C'est la peur de critiquer le PS qui offre les postes d'élus.
C'est la soif du pouvoir qui tue le PC.
Le PC retrouvrera ses forces le jour où il n'aura plus peur de dire que tous les socialos (ainsi que Royal et Dsk) qui ont rejoint Sarko sont des gens de droite, et donc l'ouverture à gauche n'est qu'une ouverture à droite.
Mais il ne pense qu'à négocier les municipales le pauvre.
LCR et LO gagne sur le PC non parce qu'ils sont meilleurs qu'avant mais parce que le PC a jeté le bébé avec l'eau du bain.
Et avec le Pen c'est idem (Le Pen est un bien meilleur tribun que le ptetit facteur in fine).

Quant à Sarko je suis persuadé qu'il va faire long feu, et que nous allons vers une énorme crise politique, induite par une déception brutale des couches populaires.
Buffet/Hue/braouezec ne feront pas progressé d'un yota le PC: au contraire ils veulent sa disparition au plus tôt.
Quant à Bove c'est avant tout un socialo de droite et anticommuniste, avec ou sans coups médiatiques.


Je crains fort que dans ce contexte Le Pen père et fille ramasse la mise et cela dès les municipales.


ZADIG