Travailler plus pour gagner plus chez GOODYEAR

Publié le

La direction de l'usine Goodyear d'Amiens veut revenir sur les 35 heures

LE MONDE | 27.08.07 | 14h11  •  Mis à jour le 27.08.07 | 14h11
LILLE CORRESPONDANT 
Le fabricant de pneumatiques américain Goodyear Dunlop Tires France, qui emploie 2 700 salariés à Amiens, se prépare à une rentrée difficile.

 

Après la présentation, en avril, d'un projet de réorganisation du travail pour les usines amiénoises de Goodyear (1 600 personnes) et de sa filiale Dunlop (1 100 personnes), les syndicats craignent pour l'avenir du site avec la suppression annoncée de 500 emplois et une remise en cause de l'accord sur le temps de travail.

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')}
 
Signé en 2000, celui-ci avait permis un passage de 39 à 35 heures hebdomadaires tout en assurant une production en continu, sept jours sur sept. Pour cela, trois équipes fonctionnaient en semaine et deux équipes travaillaient le week-end, en alternance. 365 personnes avaient alors été embauchées.

Sept ans plus tard, rien ne va plus. Si Goodyear (pneus pour voitures de tourisme et pour matériel agricole) et Dunlop (pneus pour tourisme) ont été réunis au sein du même groupe, avec la nomination, en 2006, d'un directeur unique pour les deux usines d'Amiens, "aucun investissement majeur n'a été réalisé", reproche Michaël Wamen, secrétaire du syndicat CGT (majoritaire) de Goodyear. Selon lui, l'outil de production est actuellement conçu pour fabriquer des pneumatiques de 13 à 17 pouces. "Cela ne correspond plus aux besoins de l'industrie automobile. Les nouveaux véhicules qui sortent ou vont sortir des chaînes ont besoin de pneus de 15 à 20 pouces."

En début d'année, Goodyear Dunlop Tires France a d'ailleurs annoncé un plan d'investissement de 52 millions d'euros sur trois ans afin de produire des pneus à plus haute valeur ajoutée. Présenté peu après l'installation de la direction unique pour les deux usines d'Amiens, ce plan s'inscrit dans un projet global visant à renforcer la compétitivité et à assurer l'avenir du complexe picard.

Mais il s'accompagne d'une condition : le réaménagement de l'organisation du travail en ramenant les équipes de cinq à quatre et en revenant à un rythme hebdomadaire de 39 heures. A terme, ce système baptisé "4× 8", conduirait à la suppression de 400 à 500 emplois d'ici à 2009 par le biais de départs en retraite non remplacés. "C'est ce qui nous a été annoncé, le 4 avril, en comité d'entreprise", souligne M. Wamen.

LE PLUS GROS EMPLOYEUR PICARD

 

Selon le fabricant, le projet n'est pas figé, mais il importe d'adapter les usines aux réalités et à la demande du marché européen. Il évoque notamment la nécessité de faire face à la baisse des prix, à l'augmentation du coût des matières premières et à une concurrence de plus en plus difficile.

Les discussions entre partenaires sociaux ont achoppé en juillet sur un mouvement de grève de trois jours à l'usine de Goodyear, juste avant les congés d'été. Dès la réouverture, le 20 août, les syndicats ont demandé une reprise des négociations et appellent à une véritable concertation et au maintien des 35 heures. "Pour l'instant, on ne nous donne pas vraiment le choix, estime M. Wamen. La direction envisage un référendum sur ses propositions les 14 et 15 septembre. Si nous acceptons, il y aura de toute façon 500 suppressions d'emplois. Si nous refusons, nous sommes menacés d'un plan de suppression beaucoup plus important avec du chômage à la clé."

Construites en 1968 et en 1960, les deux usines du groupe américain sont actuellement le plus gros employeur de Picardie.

Philippe Allienne
Article paru dans l'édition du 28.08.07.

Commenter cet article

Jihad WACHILL 17/09/2007 00:17

Amiens le 15 septembre 2007COMMUNIQUE DE PRESSELa FSE-Amiens (Association Générale des Etudiants de Picardie) exprime son soutien plein et entier à Mickaël WAMEN et Claude DIMOFF, syndicalistes salariés de Goodyear/Dunlop, qui ont été assignés devant le tribunal par la direction de leur entreprise pour tenter de briser ainsi le mouvement de grève initié par ces syndicalistes. Nous serons présents, même si ce sera sans doute de manière symbolique au vu des délais, au rassemblement de soutien prévu lundi 17 septembre à 9h30, afin d’exprimer notre solidarité avec ces syndicalistes, mais aussi avec la lutte qu’ils animent, qui a valeur d’exemple pour l’ensemble du mouvement social en Picardie et pour la dignité du monde du travail face à l’arrogance patronale.Jihad WACHILL, président de l'AGEP-FSE (FSE-Amiens)

Jihad WACHILL 17/09/2007 00:14

Amiens le 14 septembre 2007COMMUNIQUE DE PRESSEL’AGEP-FSE (FSE-Amiens) exprime sa totale solidarité avec les salariés de " Goodyear " et " Dunlop " dans leur mouvement de débrayage entamé ce vendredi 14 septembre à partir de 02h00. Face au véritable chantage à la délocalisation de leur direction, exprimant une arrogance patronale exacerbée, les salariés ne font ici que défendre leurs droits et leur dignité. En tant que travailleurs en formation, voire étudiants/salariés pour un certain nombre, notre solidarité leur est acquise, non seulement en mots, mais aussi en faits si ce mouvement devait être amené à durer (par une collecte de solidarité dans les centres universitaires de l’UPJV par exemple).Jihad WACHILL, président de l'AGEP-FSE