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35 heures, fiscalité, réforme de l'Etat... : les annonces de Sarkozy devant les patrons
les echos [ 30/08/07  - 15H29 ]


Lors d'un discours à l'Université d'été du Medef, le Président de la République a une nouvelle fois plaidé pour le soutien à la croissance     

"En répondant à votre invitation, j'ai voulu exprimer mon souhait que toute la Nation soit rassemblée derrière ses entreprises". Lors d'un discours devant les chefs d'entreprises réunis à l'Université du Medef, qui se tient depuis hier, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois exprimé ses points de vue et ses intentions en matière de politique économique. "Je suis venu vous dire que je n'avais pas l'intention d'attendre les bras croisés que la conjoncture internationale s'améliore", a-t-il lancé à son auditoire, avant de passer en revue les mesures - pour la plupart déjà annoncées précédemment - qu'il fallait prendre pour apporter "ce point de croissance" qui manque à la France.

Pouvoir d'achat

Le Président de la République a indiqué qu'il voulait aller beaucoup plus loin dans la concurrence. L'objectif est de faire baisser les prix à la consommation en intégrant toutes les marges arrières dans le calcul du seuil de revente à perte. "Un dispositif particulier sera étudié pour les produits agricoles", a ajouté le chef de l'Etat. Plus globalement, Nicolas Sarkozy s'est une nouvelle fois insurgé contre "des indices de prix qui ne veulent rien dire, qui ne mesurent pas le coût de la vie, qui n'ont aucun rapport avec la réalité vécue par les ménages", assénant : "expliquer qu'il n'y a pas de problème de pouvoir d'achat en France, c'est se moquer du monde ; expliquer que l'euro n'a pas fait monter les prix, c'est se moquer du monde".

35 heures, contrat de travail, droit des affaires

Nicolas Sarkozy a par ailleurs indiqué qu'il souhaitait aller "beaucoup plus loin" dans l'assouplissement des 35 heures pour "redonner des marges de manoeuvre plus importantes à la politique salariale". "Je veux engager avec les partenaires sociaux une discussion sur la possibilité de donner une plus grande place aux accords de branches et d'entreprises", a annoncé l'hôte de l'Elysée.

Quant au contrat de travail, il fait l'objet de négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux, avec pour objectif "plus de liberté et de prévisibilité pour l'employeur et au bout du compte plus de protection pour le salarié". "Je veux vous redire à quel point je suis favorable à ce que soit ouverte la possibilité d'une séparation à l'amiable dans les entreprises, dont les conditions pourraient être fixées à l'avance", a lancé le Nicolas Sarkozy, provoquant des applaudissements nourris de son auditoire.

Par ailleurs, Nicolas Sakozy s'est insurgé contre "la pénalisation de notre droit des affaires", jugeant qu'elle est "une grave erreur". "Comment faire un calcul économique quand on ne sait pas à l'avance comment la réglementation va s'appliquer, quand on ne sait pas ce qu'on peut raisonnablement attendre des juges, des fonctionnaires, quand tout acte de commerce doit faire l'objet d'un contentieux à l'issue imprévisible, quand le risque financier lié à l'incertitude juridique se double de plus en plus d'un risque pénal ?", a-t-il plaidé sur le sujet.

Enfin, le président de la République a indiqué avoir "demandé à la garde des Sceaux, Rachida Dati, d'interdire la pratique des dénonciations anonymes". "On peut parfaitement dénoncer sous X, et l'administration garantira son anonymat. Mais la lettre non signée, elle n'a pour moi qu'une seule direction : la corbeille, le panier", a-t-il expliqué.

Emploi, fusion ANPE-Unedic

Toujours dans le domaine de l'emploi, le chef de l'Etat a redit son souhait que la fusion des réseaux opérationnels de l'ANPE et de l'Unedic soit décidée "d'ici la fin de l'année", expliquant "la fusion opérationnelle a d'abord pour but d'offrir un meilleur service aux demandeurs d'emploi, avec un interlocuteur unique et un accompagnement renforcé pour trouver du travail". S'il a déclaré vouloir "des chômeurs mieux indemnisés, mieux accompagnés", il a jugé que "la contrepartie, c'est qu'aucun ne puisse refuser plusieurs offres d'emploi correspondant à ses qualifications sans être sanctionné". "La question de savoir qui sera responsable de ces sanctions sera discutée", a-t-il encore indiqué, renvoyant aux partenaires sociaux "la définition des règles" du régime d'assurance-chômage.

Fonction publique

En ce qui concerne la fonction publique, le chef de l'Etat a indiqué qu'il ne renonçait pas à son objectif de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Le nombre de directeurs d'administrations centrales sera "divisé par deux". "Toutes les structures seront simplifiées", a-t-il affirmé : fusion de la comptabilité publique et de la Direction générale des impôts, rapprochement de la DST et des Renseignements généraux.

Fusion Suez-Gaz de France

Dans le domaine énergétique, Nicolas Sarkozy a proposé à Suez de fusionner ses activités énergétiques avec Gaz de France et de "constituer un grand groupe de gaz et d'électricité à la dimension du marché européen dont l'Etat sera le principal actionnaire". "Cela suppose que Suez fasse un choix stratégique en se spécialisant dans l'énergie. Il appartient maintenant à ses actionnaires d'en décider", a expliqué le chef de l'Etat. En clair, pour l'Elysée, la fusion Suez-Gaz de France est suspendue à la cession, par Suez, de son pôle environnement. Une décision exclue ce matin même par Gérard Mestrallet, le patron du géant français des services aux collectivités, pour qui le périmètre du groupe est une question de principe.

BCE, Europe

Une fois encore, Nicolas Sarkozy a affirmé sa position sur la Banque centrale européenne (BCE). S'il "[croit] à l'indépendance de la BCE, à l'utilité de l'euro", il a néanmoins redit son interprétation de l'indépendance de l'institut d'émission : "je n'accepterai jamais qu'un sujet aussi important ne puisse pas faire l'objet d'un échange"... "comme si la monnaie n'était pas l'affaire de tous. Comme si la monnaie c'était un sujet qui ne concernait pas la politique, qui n'avait aucune incidence sur la vie des gens, sur la croissance, sur l'emploi". "Parce qu'elle est indépendante, elle doit accepter le débat", a-t-il conclu sur le sujet.

Sur l'Union européenne, le président de la République a plaidé une nouvelle fois pour "remettre de la politique en Europe". "Sur cette idée que l'Europe se construit d'abord pour protéger les Européens, pour leur permettre de se battre dans la mondialisation à armes égales avec tous leurs concurrents, pour exprimer une volonté d'agir ensemble et non un renoncement collectif, j'irai jusqu'au bout", s'est-il enflammé. "Je proposerai moi-même, avec les organisations agricoles, une nouvelle politique agricole commune", a-t-il ainsi annoncé.


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ZADIG 02/09/2007 13:00

A lire cet article d'Aglietta dans le Monde: En gros le capitalisme occidental (USA/europe) va vers des krachs financiers successifs.Inversement le capitalisme d'Etat (Japon, Corée, Chine; Russie) devient le prêteur du monde et rachète les lambeaux du capitalisme occidental dérèglementé (Télécom, énergie, transports, banques/assurances, etc...).Et je pense que cela va s'accélérer sauf revirement de l'occident capitaliste sur la dérèglementation (comme Boing/airbus, ou les telécoms aux US ou le monopole ATT est en cours de reconstitution).Tout cela est bien loin du petit Berlusconi Hongrois et des Blairistes DSK/Royal/Hollande/Delanoë.Quant à la stratégie de Buffet./Hue/braouezec (sic) anti état et nationalisation elle est totalement abscon et Has been.http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-950165@51-893669@45-1,0.htmlZADIG