Travailler plus pour gagner plus, ça marche mais pas dans le DOUBS !

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Article du Parisien ce matin

Grosse surprise ce week-end pour les salariés d'une entreprise de sous-traitance automobile. Le patron voulait déménager - discrètement - son usine en Slovaquie, sans en informer ses salariés. Ils l'ont retenu dans son bureau.
LES OUVRIERS de l'usine BRS à Devecey (Doubs) viennent d'imposer à leur patron anglais un week-end forcé dans son bureau. Depuis samedi, ils empêchent Mike Bacon, qui a repris il y a un an cette entreprise spécialisée dans la fabrication de pièces pour l'automobile, de sortir des locaux de l'entreprise. « On ne le séquestre pas, il peut se promener dans l'usine. Simplement, on l'empêche d'aller ailleurs », explique l'un des ouvriers de faction.

La crise a débuté samedi matin. Un responsable des expéditions découvre en passant - par hasard - devant l'usine que des camions sont en manoeuvre dans la cour. « Le seul problème est qu'aucune expédition n'était prévue ce week-end. Alors, on a trouvé ça très suspect », indique-t-il. Rapidement, l'alerte est donnée et plusieurs salariés arrivés sur place bloquent la sortie avec leurs voitures. Trois camions slovaques ont été immobilisés durant toute la journée de samedi. « Ils étaient remplis de pièces détachées et de matières premières. Comment on aurait fait si on avait découvert ça en arrivant lundi matin ? »

« Si on le laisse partir, on ne le reverra plus »

Très en colère, les salariés obtiennent sur-le-champ que les camions interceptés soient vidés. Ils décident également d'empêcher leur boss de quitter les lieux. « Si on le laisse partir, on ne le reverra plus », clament-ils. Le chargement devait gagner la Slovaquie, où Utilux, l'industriel anglais propriétaire de l'usine de Devecey, dispose d'un autre site de production. Il semblerait toutefois que trois camions aient pu quitter l'usine dans la nuit de vendredi à samedi.

Enfermé dans son bureau, Mike Bacon, le patron anglais, ne nie pas ses intentions de délocaliser : « Il y a trop de charges en France. La Slovaquie est aujourd'hui le pays où tous les industriels de l'automobile sont présents », explique-t-il..

Autre problème, le patron anglais n'a pas versé les salaires de janvier à la quarantaine de salariés français.

« Nous allons attendre lundi (aujourd'hui) et l'emmener avec nous au tribunal de commerce. On veut qu'il déclare officiellement l'entreprise en liquidation judiciaire et savoir comment il va verser nos salaires », explique Renaud Cornu, responsable commercial.
 

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