Débat à L'assemblée Nationale

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Les Elus de CE invités à l’Assemblée Nationale…

 

 

Cette initiative parlementaire relayée par Salons CE a réuni dans la salle Colbert (prêtée par l’UMP), véritable réplique de L’AN, des responsables syndicaux, deux députés dont Maxime Gremetz, cheville ouvrière de ce débat autour du sujet de la représentativité des organisations syndicales

 

 

 

Présenté par Jacques Lambert, spécialement chargé des relations avec les partenaires sociaux chez SalonsCE et entre autres organisateur de Socialog, cet après midi du 21 janvier a permis à Alain Olive, secrétaire général de l’Unsa, Michel Doneddu de la CGT et Philippe Louis de la CFDT, de pouvoir exposer leurs espoirs et leurs craintes sur les projets de la nouvelle loi concernant la représentativité des salariés. A côté d’eux, deux députés éloignés sur l’échelle des partis mais proches sur celle des valeurs, Maxime Gremetz le communiste et Jérôme Chartier de la génération montante de l’UMP…

 

C’est Alain Olive qui s’exprima en premier, révolté d’être à la tête d’un syndicat qui ne peut pas légalement présenter des candidats au premier tour des élections professionnelles, et qui plaça rapidement le débat plus loin que la représentativité, dans l’espace d’une nouvelle forme de négociation et surtout dans une nouvelle vision des relations sociales de notre pays.

«  Aujourd’hui la représentativité est faible, prenez l’exemple du nouveau contrat de travail voté par des organisations qui ne représentent pas la majorité des salariés…

C’est donc un problème de liberté publique et un problème de démocratie avant d’être un problème de représentativité… Le système français est une exception avec 8% de salariés syndiqués contre 29% en Allemagne et 50% en Italie… ».

 

                                   C’est un problème de démocratie

 

Michel Doneddu abonda dans son sens en rappelant que cela faisait 15 ans que la CGT revendiquait cette réforme, et Philippe Louis en réponse à Jacques Lambert qui se préoccupait des non syndiqués déclara « Le vrai problème est en effet pourquoi la participation syndicale est elle aussi faible… Il faut donc trouver le moyen pour que le salarié aille de nouveau vers les organisations syndicales… Il faut leur redonner confiance, les réconcilier… ».

 

Puis ce fut le tour des députés, vrais élus du peuple et de Jérôme Chartier, jeune loup brillant de l’UMP qui eut tendance à vouloir plaquer les règes de la politique et du suffrage universel avec le dialogue social, ce qui lui sera vivement reproché par Alain Olive « ce n’est pas du tout la même chose ». Le député maire de Domont venait de développer sa réussite communale en matière de dialogue face à 456 salariés et de capitaliser sur l’exemple de l’UMP : « on a intérêt à entrer dans la concertation et la transparence comme on en a ressenti le besoin fort lors de la dernière élection… Je reconnais qu’on n’est pas dans la même logique mais qu’on peut être associé au dialogue sans être forcément adhérent… Regardez les 36 000 communes qui montrent la diversité des français…J’estime enfin que nous sommes à un tournant de la vie syndicale car aujourd’hui toutes les questions sont réunies… »

 

A celle de Jacques Lambert « comment la loi va-t-elle être le détonateur, le catalyseur qui va permettre de trouver un sens ? », il répondit que c’est la loi qui va conclure et qu’elle n’est pas là pour redonner un sens. « La loi ne décrète pas tout, regardez l’exemple de la loi sur le financement des partis… »

 

Autre réaction du président de séance « ça nous laisse l’idée qu’on puisse avoir une loi identique qui évoluera sur le mode syndical ? »

La réponse de Jérôme Chartier fut limpide : « c’est pareil, la première loi fixera le cadre… »

 

                        Les règles de la politique et du dialogue social sont différentes

 

Pendant ce temps, Maxime Gremetz s’impatientait et nous fit encore sourire dès sa prise de parole en rappelant qu’il était le seul ouvrier à la chambre… Son rappel des critères, du nombre d’adhérents à l’enjeu de la démocratie fut passionné « le vrai critère, le plus important, c’est quand les salariés sont consultés… La contradiction c’est d’avoir des milliers d’adhérents mais ne pas vouloir donner la parole aux gens….comme à l’UMP ». Ses derniers propos humoristiques firent rire la salle et illustrèrent parfaitement sa complicité avec son cadet…. Il put alors enfoncer le clou de ses convictions et de son idée d’une journée unique pour toutes les élections professionnelles…. « Je suis pour qu’il y ait des élections, toutes les élections pour les représentants des salariés le même jour… »

 

Comme pour marquer la fin d’une première partie de débat, Alain Olive rappela les chiffres de la Dares de 2005 sur les résultats des élections : 23,5 % sans appartenance devant la CGT avec 23,2%... « Les CE représentent un salarié sur 2… A l’élection prud’homale, tout le monde peut voter, pas pour les CE… Le cœur de la démocratie syndicale c’est l’entreprise… Il faut que le syndicat s’implante dans l’entreprise, il faut que le Délégué Syndical ait une légitimité dans l’entreprise… Et il faudrait aussi mutualiser le privé et le publique… Mais ce qui me révolte c’est que prochainement il va y avoir débat sans l’Unssa et Sud, il y a là un parfum de république bananière… » . Les applaudissements de la salle étaient la récompense qu’il cherchait depuis le début et marquait bien les positions de chacun.

 

Michel Doneddu, dans un style différent mais tout aussi engagé et pertinent déclara en écho que ce n’est pas déclarer la guerre aux patrons et en remis une épaisseur sur l’état des gens prêts à se syndiquer mais qui ne le font pas par peur… Tout le monde était d’accord avec lui sur les problèmes pratiques pour voter aux Prud’hommales (absence de bureaux de votes, éloignement, défauts de communication)… « On est capable de contester mais aussi de discuter, de négocier… Il ne doit pas y avoir en France 2 syndicats, ceux qui contestent et ceux qui discutent… ». Cette phrase lourde de sens ne récolta pas les réactions espérées…

 

                                   Un débat qui s’anime


La seconde partie était donc lancé et on en vint rapidement, comme dans toute assemblée qui se respecte… à l’argent et plus sérieusement au financement des syndicats où en opposition aux derniers scandales touchant un responsable du Medef, il ne fallait tomber dans la caricature…Ce fut d’ailleurs l’expression de Jérôme Chartier en réaction aux propos acides de la CGT. Le député en rajouta sur l’opacité qui ne donne pas envie aux salariés de rejoindre les syndicats et fit peut-être un parallèle malheureux sur le droit de grève, ce qui provoqua les sifflets de la salle… Nous étions enfin… à l’Assemblée Nationale.

 

S’en suivit de nouveau des réactions syndicales sur le problème identifié précédemment par Alain Olive de plaquer les règles de la politique, du suffrage universel avec le dialogue social, de parti des non inscrits, du vote par Internet sur Paris, du problème récurrent des bureaux de votes et enfin du rappel du retrait de la cotisation automatique (CGT) sur la feuille de paye face à la complication de remonter les adhésions…

Jusqu’à un ton houleux de répliques qui fit dire à Maxime Gremetz, en vieux sage, « il faut savoir terminer une grève… ».

 

Et ce fut le moment que choisit intelligemment Jacques Lambert pour donner la parole au public…

 

Un militant Unsa revint sur le sujet en évoquant ses 14 procès par 4 organisations syndicales majeures pour ce fameux problème de 1er tour, ce qui provoqua une nouvelle réponse du député maire de Domont « je souhaite que tout le monde puisse se présenter au premier tout, je veux que la démocratie soit effective… ». Cette question qui paraissait donner encore de l’importance à l’Unsa fit encore mieux en déclenchant la réponse de Maxime Gremetz «  je ne suis pas d’accord sur le premier tour car je ne veux pas que n’importe qui se présente… Attention aux extrémistes… Pour éviter ça, il faut donc multiplier les syndicats… »

La CGT en profita pour confirmer qu’elle était pour une liste avec des nouveaux critères comme le respect des valeurs républicaines et l’indépendance vis-à-vis de l’employeur…

 

                                               Des questions en attente de réponses…

 

Un retraité de…. l’Unsa interpella la tribune « comment allez vous faire pour concentrer tout sur une journée avec 800 branches ». Jérôme Chartier semblait alors découvrir ce nombre important et manifesta sa surprise mais aussi sa déception car il sentait bien que ce serait difficile… Le retraité y alla de son humour « Ca me fait penser à la tombola au profit des organisateurs de tombolas… On ne peut pas faire une journée d’élection, il faut y aller par étape… »

Interpellé à nouveau sur les 800 branches et par la CGT « Comment ferez vous, vous allez avoir le Medef sur le dos », Jérôme Chartier répondit qu’il y aurait des étapes intermédiaires car il faudra être avant tout sûr du secret de l’isoloir…

 

Un élu DS, prud’homme et cadre à la CGT et pas à l’Unsa… prit alors la parole et récolta une salve d’applaudissements faciles mais qui montraient bien le positionnement et l’attention de la salle : « aujourd’hui, quand on  prend un mandat syndical, c’est la fin de la carrière… ».

C’était avant les diverses interventions d’élus présents sur la question de la cotisation chère et du crédit d’impôt qui ne profite jamais à celui qui n’en paye pas… Tout le monde était d’accord pour dire que ces cas là devraient être remboursés…

Ou sur les questions de la discrimination : « quand on va voter, on est montré du doigt… », « Quand on est délégué, on n’est jamais remplacé… », etc…

 

 

Maxime Gremetz en bon initiateur du débat conclut : « on y arrive bien avec les élections citoyennes, pourquoi on ne ferait pas voter ainsi tous les salariés… C’est l’élection la plus importante, plus importante que les élections politiques… ».

Cette dernière phrase rassembla tous les représentants des salariés présents dont de nombreux adhérents du Toit Citoyen pour ce débat que Jacques Lambert salua par la dynamique de son contenu, par son innovation et par sa volonté d’ouverture. Le mot de sa fin, après les remerciements appuyés aux divers intervenants en attestait « les salariés attendent beaucoup de ces réformes mais aussi des futures élections…Ne les décevez pas… Rendez vous sur le salon du Cnit les 18, 19 et 20 mars… ».

 

Et sur Socialog les 16, 17 et 18 septembre 2008

 

Publié dans Debats

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