Casse des 35 heures : Témoignages

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Vos réponses à notre appel à témoignage : cadres, êtes-vous prêts à renoncer à vos RTT ?

LEMONDE.FR | 09.07.08 | 19h54  •  Mis à jour le 09.07.08 | 20h51








Pas prête à renoncer aux RTT, et encore moins aux jours fériés, par Florence

Nous faisons plus d'heures chaque semaine que les cadres des autres pays européens. Cette loi va plus loin que la suppression des RTT en imposant un nombre de jours supérieur à celui antérieur à la loi Aubry. Nous devrons également travailler plus d'années : le but est-il de faire diminuer l'espérance de vie par fatigue pour régler les problèmes de la Sécu ?

  • Ils sont devenus fous, par Marc Rolland
Le gouvernement s'en prend ouvertement à son support électoral le plus fort. Quelle erreur ! Le cadre n'est pas regardant ni de ses heures ni de ses jours, mais il aime avant tout être reconnu, être considéré. Là, c'est le contraire. Bravo au gouvernement et vivement les prochaines échéances électorales ! Tout est fait dans le désordre, sans concertation. Par contre, les mesures difficiles à prendre sont toujours attendues !
  • Non à l'esclavagisme, par Steeve

Il est clair pour que si mon entreprise applique cette loi je démissionne, ou je pars travailler à l'étranger où j'aurais peut être pas de RTT mais je paierai moins impôts directs et indirects. Pour une fois que certains pouvaient négocier avec les employeurs en position de force, les députés ont tout arrêté, ce qui ne veut pas dire que les entreprises changeront car c'est simple, nous cadres commenceront à compter nos heures, et donc finis les 50 heures de travail par semaine et là ça sera travailler moins, moins efficacement, pour gagner plus. La résistance doit s'organiser, alors nous allons nous syndiquer.

 

  • NON, par Fred Martin

Je suis consterné par la mise en avant d'accord d'entreprises qui seront négocié au cas par cas. Ce système va affaiblir les plus faibles et nous contraindre à nous syndiquer afin d'avoir une chance d'avoir notre mot à dire. Je suis tout à fait prêt à me syndiquer et à aller manifester ... Il s'agit d'un texte extrêmement dangereux (s'il ne s'attaquait qu'aux RTT... là, c'est bien pire), qui va augmenter les disparités. Les salariés dans les entreprises avec des syndicats puissants s'en sortiront, pour les autres ...

  • Et puis quoi encore ! par donald

Je travaille déjà 12 heures par jour sur 218 jours ! Je crains qu'en en faisant plus, je commence à faire une chose inédite, à savoir des arrêts maladie ! Je ne suis pas sûr qu'au final le résultat soit bon pour les caisses de la Sécu (si elle existe encore...)

  • Je préfère avoir le choix, par Stephane Noti

Que faire lorsqu'on fait partie d'une petite entreprise et que notre patron souhaite nous faire bosser le maximum de jours possibles ?

  • Témoignage d'une consultant informatique, par aek

La performance dans notre secteur d'activité se base plus sur la capacité à être réactif et à répondre mieux aux problèmes que pose la complexité des nouveaux systèmes d'informations et aux nouveaux marchés mondiaux. Cela suppose être bien dans sa tête et dans son corps. L'application de cette loi (35 heures forfait 218 max) n'a pas empêchée les sociétés informatiques françaises et autres secteurs d'activités d'être parmi les plus performantes et innovantes dans leurs secteurs...donc cette nouvelle disposition n'a pour objectif que d'obéir à une idéologie dépassée et démagogique.

  • Mauvais calcul, par Philippe Onillon

Dans la PME ou je travaille(75 % export, 60 % d'ingénieurs, Hi-tech dans son domaine), nous avons 22 jours de RTT. Ces jours permettent de gérer une urgence personnelle ou familiale, de voir le médecin, de règler des formalités administratives. En bonne intelligence avec la direction, certains posent des RTTs pour de la formation prise en charge par l'employeur ... Sur des périodes d'activité intenses nous pouvons travailler beaucoup d'heuresn, y compris le week-end. Les cadres ne regardent pas les horaires mais les taches qui leur incombent. S'il n'y a plus de RTT, il est clair que le contrat moral qui existe aujourd'hui, explose. Parallèlement, les salaires ont peu évolués ces dernières années ...
Ce que je vois très rapidement arriver :
1/La flexibilité des personnels n'existera plus que contrainte.
2/L'implication et la motivation ne concernera plus que 3 ou 4 cadres dirigeants.
3/La culture d'entreprise de cette PME sera réduite à néant.
4/Les plus talentueux déja sous forte pression iront voir ailleurs car le compte n'y est pas.
L'éventuelle compensation financière est un leurre : je ne connais aucun cadre dans mon entreprise dont c'est le moteur.

  • Travailler plus pour payer plus d'impôts et enrichir les actionnaires ? par Toubert Philippe

Je ne suis absolument pas prêt à abandonner mes 12 jours de RTT. Même payé à + 10 %, ce surplus de travail ne serait pas rémunéré à sa juste valeur, et même pas à la valeur des jours de base, compte-tenu du niveau d'imposition auquel je suis soumis annuellement ...

  • C'est du délire ! par Nicolas Deysson

Ha ! Déjà du temps du fameux slogan "travailler plus pour gagner plus", les cadres se sentaient bizarrement étrangers à une telle maxime. Payés au forfait avec quelques RTT à condition de ne pas chipoter sur les horaires, les mesures "miracles" des heures supp ne leur firent ni chaud ni froid. Mais là, c'est le pompon ! Il y avait le rachat des RTT à 25 % de plus, mais voilà, sans doute gagnent-ils déjà trop. Maintenant, ce sera 17 jours de plus payés 10 % de plus... Quand on calcule ce que cela représente en compensation de la perte des jours fériés, ça fait sourire... un peu jaune. Evidemment, le gouvernement va taxer ses opposants d'alarmistes. Mais on voit déjà venir les coups bas : un jour férié = une RTT obligatoire par exemple, ou bien une journée non payée, car après tout, ce n'est pas un jour chômé ! Bref, oui, adieu les RTT. On ne gagnera pas beaucoup plus mais on aura perdu beaucoup. 17 jours de moins, c'est autant de loisirs en moins. On verra qui rira lorsque l'on s'apercevra que les cadres prennent 17 jours de vacances en moins, dans les hôtels, les restaurants, les parcs de loisir... etc.  En attendant, les patrons sont contents. N'est-ce pas le principal, mon cher Nicolas ?

  • Renoncer à sa famille pour 10 %, par Brasseur Jérôme

Le cadre sera-t-il le nouveau serf du 21e siècle ? En proposant de travailler 17 jours de plus et de porter le plafond à 235 jours, mais également par un accord d'entreprise à 282 jours par an maximum, le cadre devient le dindon d'une farce dont il n'a pas vu la cuisine se préparer sous son nez. (...) Espérons que ces textes passés en juillet lorsque la mobilisation est absente ferons l'objet de la part des syndicats, à la rentrée, d'un véritable campagne de mobilisation nationale. Il ne s'agirait pas du premier texte dont les décrets d'applications ne paraîtraient jamais.

  • Quelle surprise, par Bob Arctor

Je fais partie d'un groupe qui emploie plus de 4 000 personnes dans le monde, et au moins 1 000 en France. Je travaille au siège qui compte et qui comptera probablement toujours moins de 50 salariés (donc considéré comme une PME). Aucun syndicat n'y est présent. Tout le monde travaille en tant que cadre et est donc, jusqu'à maintenant, soumis au forfait de 218 jours. Tout le monde a découvert avec surprise ce matin que nous travaillerons 17 jours de plus par an, par "décret présidentiel" - je dis décret, car malgré le fait que cette loi ait été votée, elle a été initiée par le président lui même).

Je suis très inquiet de ce qui va se passer. Aurais-je encore l'envie d'avoir des enfants si je ne peux profiter d'eux les jours fériés. D'ailleurs, que feront nos enfants le 14 juillet ou le 15 aout ? A Noël, ouvriront-ils les cadeaux tous seuls ? Faudra-t-il payer une nourrice ? Bonjour pour le pouvoir d'achat ! Cadres, nous aussi, mobilisons-nous ! Comme dirait je ne sais plus qui : "ce n'est pas parce qu'on est une population charnière qu'il faut nous prendre pour des gonds !"

  • Ah ? Il faut recommencer le bazar ? par David Desmet

Pour l'instant, je ne travaille pas le vendredi après-midi et mon unité logistique est complètement fermée. C'est une organisation performante, et nous n'avons rien à gagner en travaillant plus longtemps. A volume ou chiffre d'affaire égal : pourquoi travailler plus longtemps et baisser la productivité ? Ce n'est pas très économique.

  • Les RTT, un bien nécessaire, par Yann Degat, informaticien en SSII

Il est certain que la plupart des SSIIs vont rapidement signer des accords intraentreprise afin de faire sauter ces RTT. Or au quotidien, les salariés sont souvent informés des négociations salariales une fois les accords signés. Dans mon entreprise, ça a été le cas deux fois : désormais, un jour de congé maladie d'une journée supprime automatiquement un jour de RTT (partant du principe qu'un congé maladie ne peut être comptabilisé dans les 218 jours travaillés.) De même, suite à une fusion entre trois entités qui avaient un nombre de RTT différent, il y a eu harmonisation. Si jamais je devais me retrouver dans la situation où il me faudrait poser un jour de congé pour profiter d'un jour férié, je pense que je sauterais rapidement le pas vers une activité en freelance.

  • Homme libre, toujours tu chériras les RTT, par L. Chichourles

Cela fait des années que ces RTT rendent malades mon PDG qui nous en rebat sans cesse les oreilles. Elles me procurent l'effet contraire. J'ai plaisir à en profiter, et j'entend bien conserver pour des tas de raisons. Quant aux 10 % promis, c'est "peanuts" comparé à la valeur inestimable du temps libre. Au fait, lequel de nos patrons ventrus ou de nos politiques grassouillets voudrait se séparer d'un quelconque avantage ?

  • Ecran de fumée, par Kevin Najoir

Quel fabuleux tour de prestigidateur ! On retire les RTT aux cadres qui deja travaillent en moyenne 50 % de plus que les employés; Soit.
Mais on ne verra jamais l'ombre d'une augmentation. Petit exemple concret : en 2007, Monsieur X bénéficie de 50 000 euros brut sur son contrat pour 218 jours travaillés. En 2009, un nouvel entrant (supposons à poste et conditions similaires) bénéficiera de 50 000 euros pour 230 ou 240 jours travaillés. On n'a rien changé, mis à part le nombre de jours que ce salarié cadre devra à l'entreprise et qui a augmenté sans aucune contrepartie. Je suis POUR payer plus celui qui souhaite bosser même 360 jours par an; mais faire du régime légal un maximum pour un cadre, c'est tout simplement assouplir la législation en faveur de l'employeur. Aucun cadre ne touchera plus. Arretons le cinéma. J'ai toujours incliné à penser que la distinction cadre/ non cadre était une grande supercherie à la française. Le législateur semble pousser le bouchon trop loin. Autant devenir non cadre et payé à l'heure; on y gagnerait sans doute à moins de gagner plus de 60 000 euros brut / an. Or les 3/4 des cadres gagnent moins...

  • Vive les vacances, par Luc Pugeat
Je suis cadre depuis 20 ans et je travaille environ 50 heures par semaine. Avant les RTT, il m'arrivait d'être en arrêt maladie plus de 3 semaines par an. Depuis les RTT, c'est moins d'une semaine dans l'année.
  • Pas à ce tarif ! Ne couvre pas même les frais de crèche-nounou, par Alain Testa

Nous avons un forfait de 218 jours. Ce qui fait environ 11 jours de RTT par an, selon que les jours fériés tombent en semaine ou le week-end. Les RTT non prises au 31 décembre ne sont pas payées, et il n'y a pas de compte épargne temps. Elles peuvent être suivies ou precedees de jours de conges payes, aucune date de RTT n'est imposée à tous, par contre, c'est mon employeur qui valide mes congés. J'en suis parfaitement satisfait et mes collègues egalement. Je ne suis pas pret de ceder des RTT au tarif de + 10 %. Cela ne couvre pas même les frais de garde, sans tenir compte des couts additionnels de transport, de dejeuner sur place et les impots supplementaires que l'on devra payer. Il n'y a ni exoneration de charges, ni exoneration d'impots. Nous sommes très loin du travailler plus pour gagner plus, mais plus proche du travailler plus pour gagner moins : revenir specialement pour travailler une journée supplementaire a un cout marginal plus elevé pour le salarie que faire une heure supplementaire en fin de journee.

  • RTT, par Le Collen Jean Louis
Il y a eu un échange : flexibilité contre RTT. S'il y a retour sur les RTT il doit y avoir retour sur la flexibilité et les pertes de salaires.

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