La difficulté d’être syndiqué

Publié le par Jacques LAMBERT

                                       La difficulté d’être syndiqué

Le 2 février 2006, Alain OLIVE, participant au débat d’InterfaCE sur le Dialogue Social, commençait son intervention par cette phrase : «  En France, nous sommes les champions du monde du licenciement de délégués syndicaux. » Cette phrase aurait pu être comprise comme une entame spectaculaire d’un lea der syndical voulant faire un coup d’éclat pour faire plaisir à des militants présents dans la salle. C’est mal connaître le Secrétaire Général de l’ UNSA . 

Ce constat en France n’est qu’une anecdote. Selon un rapport de la CISL qui rassemble 234 organ isa tions dans le monde 145 personnes ont été tuées dans le monde. Dans ce même document, il est fait état de 700 agressions et 500 menaces de mort. Ces chiffres révèlent jusqu’où les employeurs peuvent aller pour faire face aux difficultés de la mondial isa tion. Le syndicalisme est une entrave à la compétitivité.

Selon une étude de la DARES les demandes d’autorisation de licenciements de salariés protégés syndiqués a augmenté de 30 % entre 1998 (3516 demandes) et 2003 (4778 demandes). Dans le même intervalle le taux d’autorisations est passé de 76.2% à  81.2 %. Le plus lourd tribut étant payé par la CGT (plus de 37 %).

Il n’est pas un discours qui ne fait pas référence au besoin de dialogue social de représentativité. Laurent WAUQUIEZ (Député UMP 43) nous confiait, lors de son intervention sur SalonsCE Paris, que 2 chefs d’entreprise de sa circonscription se plaignaient de carence en matière d’interlocuteurs représentant ses salariés. Peut-on résumer la situation en disant que les patrons veulent des IRP, mais pas d’empêcheurs de licencier et de délocaliser en rond ?

La loi FILLON supposée privilégier la négociation au plus près du travailleur, est le révélateur de manœuvres v isa nt à remplacer les conventions collectives par des accords individuels. En Australie, plusieurs employeurs on menace de licencier des travailleurs qui ne voulaient pas quitter le syndicat, et refusaient de signer des accords de gré à gré.

La déréglementation amorcée en 2002, sous le prétexte de coller aux préoccupations des salariés, la mise en place de contrats de travail de type CPE ou CNE, la réécriture de 3151 articles du code du travail, vont enterrer le CDI et les droits des travailleurs.

Il nous est proposé aujourd’hui des contrats de travail spécifiques en fonction de l’âge : moins de 26 ans ou plus de 57 ans, stages, etc…. Pourquoi assouplir le code du travail quand des dizaines de milliers d’emplois vont se libérer par le départ à la retraite des baby-boomers ?

Germinal, c’était hier, mais c’est bien en 2006 que des patrons américains menacent de fermer des sites sur lesquels les salariés tentent de s’organiser, c’est en 2004 qu’un lea der syndical Haîtien a été passé à tabac et licencié par la suite.

Ce n’est pas le moment de lâcher le morceau. Ce qui a fait l’histoire de ce pays au temps de Zola revient aujourd’hui à cause de la concurrence engendrée par la mondial isa tion.

Il vaut mieux prévenir que guérir, les arguments développés ci-dessus, doivent être les vôtres dans les entreprises. Il appartient aux militants politiques et syndicaux de réveiller les consciences. Alors au bureau, à l’usine, c’est à vous : parlez !

Publié dans leblogdejacques

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