Démenti de Maxime GREMETZ

Publié le par Jacques LAMBERT

Des dépêches de plusieurs agences de presse me mettent parmi les députés signataires d’une pétition adressée à Monsieur le Président de la République afin qu’il « durcisse le ton » dans le dossier du nucléaire iranien.

Je démens formellement cette information totalement fantaisiste : je n’ai jamais signé cette pétition, dont je ne partage pas la démarche.La position de la diplomatie française me semble au contraire aujourd’hui plutôt équilibrée : effectivement, rien dans les traités internationaux en vigueur n’interdit à l’Iran d’accéder au nucléaire civil. La question est de créer les conditions que l’Iran accepte un contrôle international et permettre ainsi que cette technologie reste cantonnée à un usage civil. Et ce n’est sûrement pas au moment où les positions américaines se rapprochent de celles de la France, dans la foulée du rapport BAKER sur l’Irak, que la diplomatie française doit céder avec retard à l’unilatéralisme américain et se faire ainsi « plus royaliste que le roi ».

Je suis pour une non prolifération nucléaire poussée jusqu’au bout de sa logique : le multilatéralisme implique en pratique une réciprocité dans les obligations et les engagements internationaux. Comment parler de multilatéralisme en matière de non prolifération nucléaire sans poser la question du démantèlement des arsenaux existants dans les pays en possédant (Etats-Unis, ex-URSS, France, Royaume-Uni, Chine, Inde, Pakistan ou encore Israël) ?

Et au niveau du Proche-Orient, la réalité ne doit pas être esquivée au nom d’un certain angélisme pro-israélien : le seul pays possédant l’arme nucléaire est Israël (une technologie nucléaire qui lui a été fournie à la fin des années 50 par le gouvernement français du socialiste Guy MOLLET), qui se refuse toujours par ailleurs à signer le traité de non-prolifération nucléaire. Lors de son agression du Liban l’été dernier, l’armée israélienne semble avoir utilisé des bombes à uranium appauvri (Le Monde, 29 Octobre 2006). Aujourd’hui, le seul Etat du Proche-Orient ayant la capacité militaire de « rayer de la carte » un de ses voisins n’est pas l’Iran, quoi qu’on pense du régime des mollah et de sa rhétorique anti-israélienne, mais Israël. Et l’évolution du paysage politique en Israël, avec la montée en puissance d’une extrême populiste et son entrée au Gouvernement, n’est pas sans inquiéter légitimement dans les pays voisins.

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