Régionales : Le PCF est-il soluble dans le Front de Gauche ?

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La stratégie du Parti communiste français est de participer aux élections régionales sous l’étiquette du Front de gauche, un Front de gauche plus large qu’aux Européennes. A y regarder de près, ce Front de gauche nouvelle manière s’est très peu élargi. Il agrège au Parti de gauche et à la Gauche unitaire (minoritaires du Npa en rupture de ban), les Alternatifs, la Fase… en résumé, les participants des collectifs anti-libéraux.

Pour la Gauche communiste, le principe même d’alliance électorale ne pose pas de problème. Dans la longue histoire du Parti communiste, rechercher des alliances électorales est une tradition bien établie. A condition de s'allier sur un programme clair.

Or, le Parti s’est une fois de plus lancé à corps perdu dans la recherche d’alliances à toutes fins, sans accord ni sur la stratégie du 2e tour, ni sur un programme. Ne caricaturons pas : il existe quelques lignes directrices progressistes et généreuses. De celles qui sont inapplicables parce qu’elles ne correspondent à aucune réalité de terrain, à aucun rapport de forces permettant de les imposer.

L’essentiel de ce qui se déroule sous nos yeux depuis des semaines se réduit à des tractations d’appareil, des négociations sur les places, des chantages plus ou moins publics pour obtenir plus et mieux.

Dans un quart des régions, les communistes se présentent sur les listes du Parti socialiste dès le premier tour. On nous explique que c’est un problème de réalisme politique, que nous appliquons cette stratégie pour maintenir des élus communistes dans les conseils régionaux. Mais le problème est-il vraiment-là ? N’est-ce pas plutôt parce beaucoup de communistes acceptent comme un principe intangible le leadership du Parti socialiste ? N'est-ce pas également une adhésion sans réserve à la lutte des places ?

Dans les trois quarts restants, les situations sont contrastées. Selon Pierre Laurent, futur secrétaire national, le Parti aurait mené des négociations fructueuses. Le Parti de gauche, qui n’a jamais été seul devant les électeurs et dont personne ne connaît le réel poids politique (certainement proche de pas grand chose, à l’exception de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon), obtient des têtes de liste dans 5 régions : l’Aquitaine, la Franche-Comté, le Languedoc-Roussillon, les Pays-de-Loire et Rhône-Alpes, et dans dix-neuf départements.

Pour qui sont-elles fructueuses, ces négociations ?

Dans plusieurs départements, alors que les communistes avaient désigné leurs candidats en fonction d’un rapport de forces local connu, la direction nationale a imposé des candidats du Parti de gauche, de la Gauche unitaire, des Alternatifs... au nom des accords nationaux, mais au mépris des réalités de terrain. Avec le risque de dégoûter les camarades et qu’ils ne fassent pas campagne.

Alors certes, le courant refondateur du Parti estime que l’on ne va pas assez loin, que « la forme parti doit être dépassée ». En d’autres termes, nous n’avons pas l’élégance de nous effacer et de faire campagne pour faire élire tous les représentants de tous les groupuscules tellement plus pertinents que nous…

D’autres voient dans le Front de gauche une première étape de la recomposition d’une force de type Die Linke. Les militants du Parti de gauche ne font d’ailleurs pas mystère de leur volonté d’OPA sur le Parti communiste. Mais entre vouloir et pouvoir, il y a une marge.

Et si la réalité se situait entre les deux, dans l’absence de ligne politique de la direction ? Faute de mieux, sans volonté de se battre, ne se complait-elle pas dans les tractations électorales pour maintenir l’appareil, sans contenu ni projet ?

Quant aux récentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon, qui estime qu’au 2e tour, il faudrait rechercher une fusion de listes avec Europe Ecologie (qui elle, recherche des alliances avec le Modem…), elles posent un sérieux problème politique. La direction nationale du Pcf fera-t-elle comme aux municipales, acceptant l’inacceptable, de siéger dans une majorité comprenant la droite ?

Les communistes eux, en tout cas, refuseront de se laisser croquer par le petit poucet du Parti de gauche. Des alliances, peut être. A notre détriment, certainement pas ! Si nous acceptions des fusions de listes avec Europe Ecologie et le Modem, nous rendrions encore plus incompréhensible une stratégie déjà complètement incohérente. Mais notre direction nationale n’est pas à un grand écart près !

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ZADIG 30/01/2010 23:09


Le parti de Gauche reste un groupuscule de socialistes de gauche mais de socialistes, bardés en plus de quelques ver(t)s.
Bref Si le PC se fond dans le front de gauche il est mort et enterré.
L'alternative sera alors pour les communistes de rentrer en force dans le NPA pour en prendre la tête...avec l'aide de militants de LO...