Courrier de Maxime GREMETZ au Président de la République
Maxime GREMETZ
Président du Groupe Communiste et Républicain au Conseil Régional de Picardie Amiens, le 9 Août 2007
Monsieur Nicolas SARKOZY
Président de la République
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg St Honoré
75008 PARIS
Monsieur le Président de la République,
Jeudi 9 Août 2007 à 7 heures 45, Yvan 12 ans, s’est écrasé au sol après une chute du 4ème étage. Consternation, douleur et colère, prédominent.
Jeudi 9 Août 2007 à 7 heures 45, Yvan 12 ans, s’est écrasé au sol après une chute du 4ème étage. Consternation, douleur et colère, prédominent.
Quel est le crime d’Yvan : être en France avec ses parents depuis 2004 ? Parents qui demandent l’asile politique et leur régularisation.
De père ukrainien, de mère russe, Yvan va à l’école, vit dans un logement HLM, rue Maurice Ravel dans le quartier d’Amiens Nord et malgré toutes les démarches, rien est fait !
Aucune procédure de régularisation aboutit.
Depuis avril 2004, un arrêté d’expulsion est pris. Rien ne se passe alors.
Et en ce fatal matin d’août à 7 heures 45, la Ministre de l’Intérieur, Madame Alliot-Marie, le Ministre de l’Immigration, Monsieur Hortefeux, Monsieur le Préfet, donnent l’ordre d’aller arrêter cette famille.
Et pourquoi aujourd’hui ?
Est-ce que cet enfant et ses parents menaçaient la sécurité de la France ou de la ville ?
Est-ce qu’il y avait urgence extrême, alors qu’un nouvel examen de la situation de cette famille était demandé ?
Monsieur le Président de la République,
Qu’est-ce qui a changé depuis 2004 ?
Une seule chose a changé, vous êtes devenu Président de la République.
Vous avez donné cette orientation : faire du chiffre pour expulser, y compris les enfants.
Vos Ministres, vos représentants régionaux et départementaux appliquent vos consignes.
Monsieur le Président, ancien Ministre de l’Intérieur,
Je vous accuse d’être le responsable de tels drames, que rien ne peut réparer.
Je vous demande de bien mesurer les conséquences inhumaines de vos orientations répressives et liberticides.
Si vous avez un peu de cœur, je pense qu’il serait normal de le montrer, en réglant le problème de cette famille installée depuis trois ans à Amiens.
Je souhaite, Monsieur le Président, que vous m’indiquiez rapidement quelles mesures vous allez demander à vos Ministres de prendre, qu’il s’agisse de Madame Alliot-Marie, de Monsieur Hortefeux et de Monsieur le Préfet, pour venir en aide à cette famille et faire toute la clarté sur les causes et les conditions de ce drame, qui bouleverse tous les gens de cœur.
De votre attitude, dépendra en tout état de cause, le respect de l’appel au calme que j’ai lancé, devant une colère bien légitime.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, en l’expression de ma haute considération.
Maxime GREMETZ
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