Communique de Maxime GREMETZ

Publié le par Jacques LAMBERT

 

                                                                              Amiens, le 4 octobre 2006

 

POURQUOI JE SUIS CANDIDAT A LA CANDIDATURE  POUR L’ELECTION PRESIDENTIELLE

Cette décision a été extrêmement difficile à prendre, mais les circonstances m’y contraignent.

 Les communistes en ont assez de voir une direction s’enliser dans une stratégie suicidaire qui consiste en un rassemblement peau de chagrin aux vagues contours anti-libéraux.

Bien sûr, il faut créer les conditions d’un rassemblement pour battre la droite et l’extrême droite. Mais il faut aussi un rassemblement sur la base d’un projet communiste. Ce projet, véritablement porteur de changements, doit rompre avec les accords d’états majors et exposer les véritables objectifs et les moyens que les communistes proposent. Il ne faut pas renouveler la triste expérience d’une alternance passée qui refusait de s’attaquer à la toute puissance du capital et des marchés financiers.

Ceci n’est possible qu’avec le déploiement, dès le premier tour, des communistes  et de leurs candidats porteurs d’un projet et dont les idées progresseront fortement dans le mouvement populaire.

Le Parti Communiste Français, fort de son expérience et de son histoire, peut-il aujourd’hui démissionner dès le premier tour d’un scrutin qui structure toute la vie politique et qui, avec le quinquennat, est suivi des élections législatives ?

En 1978, le comité central du Parti Communiste Français a tiré un des enseignements principaux de l’affaiblissement du parti : n’avoir pas osé présenter de candidat sur la base d’un projet communiste au premier tour pour créer les conditions d’un rassemblement, au second tour, battre la droite et l’extrême droite et faire progresser des solutions de rupture avec le système capitaliste.

Alors que nous avons contribué, de manière décisive, au rassemblement majoritaire contre la constitution européenne qu’on voulait imposer aux Français, nous serions incapables de nous mobiliser aujourd’hui ?

Disons le clairement, ce serait, tout simplement, de la démission pure et simple pour le Parti Communiste Français !

Faire ce choix de l’absence politique, c’est favoriser la bipolarisation orchestrée par l’UMP et le Parti Socialiste. C’est plonger dans le désarroi des millions de personnes.

Ne pas présenter de candidat communiste au premier tour, c’est clairement indiquer que le Parti Communiste Français ne compte plus et ne joue plus son rôle de défenseur des intérêts du peuple. C’est accepter que le parti ne puisse plus mettre en débat un véritable projet transformateur.

Avons-nous honte de ce que sont les communistes, de leurs combats, de leur identité ?

Je n’ose le croire !

Les communistes ont réalisé d’excellents scores lors des élections régionales, 12 % en Picardie, 11% dans le Nord Pas de Calais, également en Auvergne.

Une ligne combative en phase avec la population, une force de propositions constructives élaborées avec et pour les couches populaires, une identité affirmée, ont été les raisons profondes de ces succès.

D’autres ont préféré une négociation en vue d’obtenir quelques strapontins dans l’exécutif.

Non ! Les travailleurs, les couches populaires, celles et ceux qui souffrent de cette politique libérale, attendent autre chose du Parti Communiste.

Ils nous jugent à nos actes, à nos initiatives, à notre combativité, aux perspectives que nous proposons pour changer vraiment la vie.

Ces femmes et hommes en ont assez des marchés politiciens, des négociations secrètes entre dirigeants ; qui ont pour objet principal l’attribution de quelques postes ministériels.

L’alliance, réalisée lors du dernier congrès du Parti, entre la secrétaire nationale, ses partisans et les Refondateurs, qui considèrent que le Parti Communiste Français a fait son temps, nous conduit tout droit à l’impasse et à la mort du Parti.

Pour le peuple, pour notre pays, pour les forces progressistes en Europe et dans le monde, nous ne pouvons accepter une telle perspective.

Des femmes, des hommes, des jeunes n’ont pas donné, consacré leur vie, pour voir leurs idéaux piétinés, pour voir leur Parti sacrifié au profit de considérations politiciennes.

Celles et ceux, jeunes et moins jeunes qui, dans leur entreprise, leur quartier, sont engagés dans un combat de classe si dur, si intense, mais si prometteur, sont inquiets à l’idée de l’absence d’une candidature communiste.

Sans cette candidature, comment mobiliser les salariés et les couches populaires au premier tour, comment créer les conditions d’un vaste rassemblement populaire, porteur d’exigences de notre temps, au second tour ?

Le Conseil National aurait dû poser honnêtement la question aux communistes.

Faut-il présenter une candidature communiste au premier tour ou faut il une candidature d’union au premier tour ?

C’est pourquoi je le réaffirme, SI Marie George BUFFET veut être candidate communiste sur la base de notre programme, je la soutiendrais avec toutes les militantes et tous les militants mobilisés pour faire triompher notre cause.

Mais un autre choix semble avoir été fait par les instances dirigeantes.

Marie George BUFFET se mettrait en congés du parti pendant quelques temps et deviendrait ainsi la candidate d’un rassemblement hétéroclite, vaguement anti-libéral.

Dans ces conditions, nous avons le devoir de faire respecter la démocratie et la souveraineté des communistes.

 

 

 

J’ai donc pris cette décision, de présenter ma candidature sur la base du projet communiste.

Par ce geste, j’espère encourager d’autres militants à engager la même démarche.

Cette candidature communiste au premier tour des élections présidentielles répond à la volonté de ces communistes qui estiment que la transformation de la société est inséparable de l’existence et du rassemblement d’un parti communiste dynamique, porteur de Colère et d’Espoir.

Salutations communistes

 Maxime GREMETZ

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Publié dans leblogdejacques

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