Article de l'Huma et la réponse de Maxime GREMETZ
L’HUMANITE le 29 mai 2007Amiens-Nord :
le siège communiste très disputé
Somme . Dix-sept candidats briguent cette circonscription, où Jean-Claude Renaux (PCF) fait face à la dissidence de Maxime Gremetz, en opposition avec son parti. Alors que la Somme a donné un léger avantage à Nicolas Sarkozy le 6 mai avec 50,46 % des voix, la première circonscription (Amiens-Nord-Picquigny), détenue par le PCF, a voté à gauche à 57 %. À la législative, pas moins de dix-sept candidats briguent le siège actuellement occupé par Maxime Gremetz, en désaccord avec son parti. Cette année, le PCF doit aussi faire face à la dissidence
du député sortant. Celui-ci a décidé de passer outre la désignation de Jean-Claude Renaux, 45 ans, maire de Camon, à 96 % des votes des militants. Pour le candidat du PCF, « ce choix est
la conséquence de l’attitude de Maxime Gremetz, qui ne cesse de marquer contre son camp », regrette-t-il, en allusion à la « rupture » du député avec tous les partis de gauche de la Somme. « Candidat du renouvellement », Jean-Claude Renaux entend donc reprendre le flambeau pour « empêcher cette circonscription de tomber entre les mains de la droite ».
« Ma candidature est la mieux placée pour rassembler la gauche. Nous refusons la protestation stérile, nous voulons relever les manches pour travailler avec toutes les forces disponibles. »
Il peut compter sur la popularité du duo qu’il forme avec son suppléant René Lognon, conseiller général et maire (PCF) de Flixecourt. Leur comité de soutien rassemble le tiers des maires de
la circonscription, des associatifs, des syndicalistes de toutes sensibilités.
Sur le terrain, le duo Renaux-Lognon mise sur une campagne militante associant les citoyens. Leurs priorités : la défense et le développement de l’emploi, le logement et la sous-qualification
de la population.
De son côté, Maxime Gremetz argue de sa position de sortant pour justifier sa candidature.
« La légitimité se réglera devant les électeurs, ils connaissent mes engagements à leurs côtés. Le reste ne m’intéresse pas », coupe-t-il court, dénonçant « une décision sans précédent de la direction du PCF, qui veut me faire battre à tout prix ». Confiant, il se dit sûr d’être « réélu ».
Il en voit le signe dans son comité de soutien, « qui compte 82 % de non-communistes ».
Au PS, on ne cache pas vouloir profiter de la situation pour prendre le leadership à gauche.
« Les voix du PCF vont se partager entre les deux candidats communistes », pronostique un proche de Farida Andasmas, la candidate soutenue également par le PRG et le MRC. Selon lui,
le score local de Ségolène Royal marque « une évolution des citoyens en faveur d’une gauche décomplexée ». À l’incompréhension que suscite ce choix dans une part de l’électorat, il réplique : « Nous n’avons pas d’accord électoral avec le PCF. » À droite, le candidat de la « majorité présidentielle », l’ex-UDF Jean-Yves Bourgois, rallié à Sarkozy, compte sur son étiquette « Parti social-libéral européen », le nouveau parti « centriste » d’Hervé Morin, pour apparaître en homme libre. Se défendant d’être un « godillot », il jure qu’il n’a jamais entendu parler de la « charte présidentielle » annoncée par Claude Guéant, le secrétaire général de l’Élysée, qui impose une discipline de vote aux futurs élus. Pourtant, le but avoué de sa candidature est clair : « Je veux donner les moyens au gouvernement de réformer selon sa volonté. » Face à lui, le Modem de François Bayrou présente un candidat, de même que le CNI, mouvement de droite associé à l’UMP. Particularité de ces candidats : opposés aux élections, tous les trois siègent ensemble dans le groupe d’union de la droite du maire d’Amiens, l’ancien ministre UDF Gilles de Robien...
La Réponse de Maxime GREMETZ
Tu as absolument voulu me joindre pour la 1ère circonscription d’Amiens dont je suis le député sortant.
Nous avons longuement parlé et je t’ai donné la situation politique, économique et sociale de cette circonscription.
Les enjeux de cette élection, comme l’a dit Marie George BUFFET, sont de conjuguer les forces pour faire réélire les députés de gauche sortants, faire face à l’offensive de Sarkozy et d’essayer d’en gagner d’autres sur la droite.
Je constate que tout ton article essaye de justifier la décision de la direction nationale et des permanents locaux, de tout faire pour utiliser la division pour tenter de faire battre le seul député sortant de la Somme, que je suis, au profit de la droite.
Et tout cela, si je lis l’Humanité au nom de la dissidence, au nom du fait que je « serai » dissident du Parti Communiste Français.
J’ai ressorti tous les documents et dictionnaires pour savoir ce que voulait dire ce mot « dissidence », c’est-à-dire en particulier,
signification :
1°) - renier le Parti auquel il est adhérent depuis 51 ans, avec toutes les responsabilités qu’il a eu.
2°) – renier toutes les valeurs d’humanisme et les transformations sociales pour lesquelles il lutte.
3°) – renier son idéal de justice, de progrès social, d’intégrité et d’amitié de solidarité.
Comment se fait-il que je sois membre du groupe communiste et républicain à l’Assemblée Nationale, que j’ai le soutien du Président du groupe, Mr Alain BOCQUET et de la majorité du groupe, qui sait comment je travaille, comment je suis les dossiers, j’interviens et ce qui m’amène à être le 2ème meilleur député de France ?
C’est au nom de la dissidence que l’on a exclu tant de communistes en France tout au long de l’histoire, pour des raisons en vérité de désaccords politiques.
C’est au nom de la dissidence qu’à l’étranger on a fait des faux procès, que l’on a condamné au goulag, que l’on a torturé, que l’on a fusillé des communistes.
Au nom de la dissidence, à l’idéal communiste, ceci fût dénoncé au 20ème congrès du Parti Communiste Français, où Nikita KHROUCHTCHEV et les dirigeants soviétiques, ont révélé cette tragique réalité.
Je constate avec une tristesse infinie que faute d’arguments sérieux, on justifie tout et l’injustifiable par la dissidence du camarade GREMETZ.
Evidemment, je pourrais demander un droit de réponse mais je ne le ferais pas.
Nous aurons tout le temps après les législatives, de débattre sérieusement de l’engagement communiste, de l’attachement au communisme de chacune et de chacun.
Tu as la liberté de faire ce que tu veux de ces quelques réflexions.
Fraternellement.
Maxime GREMETZ
Cher Sébastien
Rappel législatives 2002.Premier tour.
Inscrits 57 392, votants 35 096, exprimés 34 328, abstention 38,85 %.
Gremetz (PCF) 24,38 %, Bourgois (UDF) 16,73 %, Lecul (PS) 16,65 %, Delarue (UMP) 12,8 %, Montigny (FN) 12,49 %, Cayeux (CPNT) 5,62 %, Debord (Verts) 2,36 %, Abdellatif (sans étiquette) 1,76 %, Rabaud (LCR) 1,54 %, Paleni (LO) 1,5 %, Vallas (RPF) 1,34 %, Laurent (divers droite) 1,17 %, Goffinon (Pôle républicain) 0,86 %, Michaud (MNR) 0,82 %. Second tour. Inscrits 57 348, votants 32 017, exprimés 30 549, abstention 44,17 %.
Gremetz (PCF) 54,77 %, élu, Bourgois (UDF) 45,23 %.
Sébastien Crépel