Travailler plus pour gagner plus chez GOODYEAR
Le fabricant de pneumatiques américain Goodyear Dunlop Tires France, qui emploie 2 700 salariés à Amiens, se prépare à une rentrée difficile.
Après la présentation, en avril, d'un projet de réorganisation du travail pour les usines amiénoises de Goodyear (1 600 personnes) et de sa filiale Dunlop (1 100 personnes), les syndicats craignent pour l'avenir du site avec la suppression annoncée de 500 emplois et une remise en cause de l'accord sur le temps de travail.
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Sept ans plus tard, rien ne va plus. Si Goodyear (pneus pour voitures de tourisme et pour matériel agricole) et Dunlop (pneus pour tourisme) ont été réunis au sein du même groupe, avec la nomination, en 2006, d'un directeur unique pour les deux usines d'Amiens, "aucun investissement majeur n'a été réalisé", reproche Michaël Wamen, secrétaire du syndicat CGT (majoritaire) de Goodyear. Selon lui, l'outil de production est actuellement conçu pour fabriquer des pneumatiques de 13 à 17 pouces. "Cela ne correspond plus aux besoins de l'industrie automobile. Les nouveaux véhicules qui sortent ou vont sortir des chaînes ont besoin de pneus de 15 à 20 pouces."
En début d'année, Goodyear Dunlop Tires France a d'ailleurs annoncé un plan d'investissement de 52 millions d'euros sur trois ans afin de produire des pneus à plus haute valeur ajoutée. Présenté peu après l'installation de la direction unique pour les deux usines d'Amiens, ce plan s'inscrit dans un projet global visant à renforcer la compétitivité et à assurer l'avenir du complexe picard.
Mais il s'accompagne d'une condition : le réaménagement de l'organisation du travail en ramenant les équipes de cinq à quatre et en revenant à un rythme hebdomadaire de 39 heures. A terme, ce système baptisé "4× 8", conduirait à la suppression de 400 à 500 emplois d'ici à 2009 par le biais de départs en retraite non remplacés. "C'est ce qui nous a été annoncé, le 4 avril, en comité d'entreprise", souligne M. Wamen.
LE PLUS GROS EMPLOYEUR PICARD
Selon le fabricant, le projet n'est pas figé, mais il importe d'adapter les usines aux réalités et à la demande du marché européen. Il évoque notamment la nécessité de faire face à la baisse des prix, à l'augmentation du coût des matières premières et à une concurrence de plus en plus difficile.
Les discussions entre partenaires sociaux ont achoppé en juillet sur un mouvement de grève de trois jours à l'usine de Goodyear, juste avant les congés d'été. Dès la réouverture, le 20 août, les syndicats ont demandé une reprise des négociations et appellent à une véritable concertation et au maintien des 35 heures. "Pour l'instant, on ne nous donne pas vraiment le choix, estime M. Wamen. La direction envisage un référendum sur ses propositions les 14 et 15 septembre. Si nous acceptons, il y aura de toute façon 500 suppressions d'emplois. Si nous refusons, nous sommes menacés d'un plan de suppression beaucoup plus important avec du chômage à la clé."
Construites en 1968 et en 1960, les deux usines du groupe américain sont actuellement le plus gros employeur de Picardie.