Réponse à notre Camarade concernant sa réaction

Publié le par Jacques LAMBERT

Chère camarade,

Cet article n'est pas de moi, ni Maxime Gremetz: elle est du journal "Marianne". Donc si tu veux contester, fais le auprès de ce journal.

 

Sur le fond, je te répondrai néanmoins: Maxime n'a pas "refusé de continuer le combat", il a été sommé par André Gérin de ne pas figurer sur la liste. Dans ces conditions, et sachant que le même André Gérin lui avait demandé expressément d'y figurer quelques semaines précédemment, la question de la crédibilité de la liste et de celui qui la menait se trouvait posée.

 

Les positions politiques d'André Gérin n'ont malheureusement, à titre de rappel, pas toujours été à la hauteur des enjeux (concernant la politique sécuritaire de Sarkozy par exemple, ou encore de l'apprentissage à 14 ans).
Nous avons bien voulu, avec les camarades de "colère et espoir" tenter de construire ensemble une alternative, malgré ces désaccords.

Mais les contradictions sont apparues comme trop flagrantes: sur injonction de la direction nationale, André Gérin écartait Maxime Gremetz de la liste alternative. En contradiction avec ses propres engagements, actés lors des réunions communes précédentes. Et passait un accord de dernière minute avec la section du 15e, sans le moindre engagement sur la suite à donner à cette démarche. Un accord par le sommet, donc, uniquement destiné à grapiller quelques places au Conseil national, sans aucune volonté de construire une démarche unitaire sur du long terme. Les initiateurs du texte "remettre le PCF sur les rails de la lutte des classes" ne s'en cachaient d'ailleurs pas, lorsqu'ils ont exprimé, la veille seulement du Congrès, je le rappelle, des velléités de figurer sur la liste alternative. Et c'est la raison principale pour laquelle, il avait été décidé dans un premier temps, et après
concertation, de ne pas les accepter sur la liste alternative.

Autant de violations des engagements passés en commun que nous ne pouvions accepter, car elle était en contradiction aussi avec notre volonté de construire une démarche unitaire non pas autour d'un cartel de petits chefs, mais avec le maximum de communistes, sur des engagements clairs et incontournables. Mais aussi dans une optique de doter les camarades qui se reconnaissaient dans des orientation communistes de lutte des classes d'une structure unitaire et démocratique, dont ils auraient vraiment le contrôle après le Congrès pour se coordonner nationalement et peser efficacement dans le rapport de force au sein du PCF comme en dehors. Une structure qui se serait peut-être étendue aux initiateurs du texte du 15e, après discussion sur le fond et accord sur la démarche, si ceux-ci l'avaient accepté. Mais sûrement pas avec un accord à la va-vite, de circonstance, sans aucune discussion sérieuse sur le fond et sans engagement sur une démarche commune
par la suite.

D'autant plus que cet accord sans contenu ni perpectives de travail en commun nous posait de nombreuses interrogations au niveau local: parmi les signataires du texte du 15e se trouvent des alliés objectifs de l'ancienne
direction mutante de la section d'Amiens. Je pense en particulier à Fabienne de Beauvais, que vous avez fait élire sur la liste alternative au Conseil national du PCF. Une militante qui a soutenu la procédure d'exclusion entamée contre Maxime Gremetz par l'ancienne direction de section, qui refuse de reconnaître la légitimité de la nouvelle direction de la section d'Amiens, pourtant élue par plus de 70% des communistes présents à l'ouverture de l'Assemblée générale de la section d'Amiens, et continue à soutenir l'ancien premier secrétaire mutant de la section d'Amiens, pourtant prêt à vendre la municipalité d'Amiens au PS (à Peillon?) contre un plat de lentilles. Discours "de lutte des classes" de façade, donc, pour masquer une capitulation de fait devant la social-démocratie?

Et ce cas n'est pas unique, dans la Somme: Gérard Corselle, signataire du texte "remettre le PCF sur les rails de la lutte des classes" à Albert ne n'est-il pas félicité dans un courrier, qui faisait suite à une sollicitation de travail en commun de notre part, du score "à la soviétique" réalisé par le projet de base commune du Conseil national dans la Somme? Sans y voir nulle manipulation des votes, pour ne pas dire fraude électorale, alors même que les tribunaux eux-mêmes ont reconnu ces "anomalies"...

Pour ce qui nous concerne, nous ne pouvions cautionner ce pitoyable marchandage de tapis qui a présidé à la constitution de cette liste alternative. Une "lutte des places" où la direction nationale s'est retrouvée à coopter ses opposants, comme le montre le cas Fabienne de Beauvais. Pour ce qui concerne les signataires du texte "colère et espoirs", ces places au Conseil national ne constituant pas notre motivation principale pour ce Congrès, nous avons préféré ne pas participer à cette liste alternative sans contenu ni perspectives sérieuses d'après-Congrès.
Nous ne nous en félicitons pas moins de l'élection de quelques uns de ses membres, avec lesquels nous souhaitons intensifier les contatcs. Pas de tous néanmoins.

Nous souhaitons la poursuite d'une démarche unitaire de structuration à la base d'une alternative à l'orientation néo-mutante de la direction nationale du PCF. Mais cette structuration implique de ne pas mettre en sommeil les "réseaux" constitués jusqu'au prochain Congrès. Car sans travail de fond sauf tous les trois ans, la perspective d'un changement d'orientation profond au sein du PCF ne peut être qu'utopique. C'était tout l'enjeu de la démarche unitaire que nous avons voulu engager avec les initiateurs du texte "fiers d'être communistes". Et notre analyse de la situation interne du PCF n'a pas fondamentalement changé. Néanmoins, nous doutons de la volonté
réelle des dirigeants plus ou moins autoproclamés de la liste alternative d'aller dans ce sens. Car une implication effective des militants dans une structuration alternative ne peut que bousculer certains d'entre-eux dans  leurs fausses certitudes, leurs habitudes boutiquières ou encore leurs problèmes d'ego.

Et pourtant, l'enjeu va bien au-delà de querelles de chefs plus ou moins assumées sur le fond: c'est l'avenir du PCF qui est en jeu.

Jihad Wachill, 1er secrétaire de la section d'Amiens

Publié dans leblogdejacques

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couthon 15/04/2006 10:29

avoir raison contre tout le monde... quel programme!!! en général, c'est le cas des hommes au pouvoir autoritaire...

Jacques 10/04/2006 11:19

Pas de problème pour mettre en ligne l'autre jugement. J'ai dit dans un article précédent que je ne fliltrerai pas les commentaires, il te suffit de le mettre dans le corps d'un prochain envoi.
Fraternellement.
P.S On peut avoir raison contre tout le monde