Réponses de Maxime GREMETZ

Publié le par Jacques LAMBERT

Réponses de Maxime GREMETZ, député sortant de la 1ère circonscription de la Somme

 

aux préoccupations que lui a exprimé l’association Attac de la Somme

 

Les suites à donner au NON au Traité constitutionnel européen.

Je m’étais exprimé publiquement contre toute Constitution européenne lors du référendum de 2005. Je pense que ce serait irrespectueux vis-à-vis de notre Peuple de proposer à nouveau un texte similaire à celui rejeté en 2005, que ce soit dans la forme ou sur le contenu. Encore plus de vouloir passer par voie parlementaire de peur d’un nouveau rejet.

 

Je suis par contre pour un Traité refondateur de la construction européenne, sur des bases de solidarité entre les peuples (à l’exemple de l’ALBA en Amérique latine) et non sur les bases actuelles de dessaisissement de la souveraineté populaire et de politiques communautaires ultra-libérales et atlantistes.

 

Les rapports entre les parlements nationaux et les instances européennes.

Les parlements nationaux sont les principaux dépositaires de le souveraineté nationale. Il est anormal dans ces conditions que plus de 80% des législations nationales ne soient que la transposition de directives européennes, dictées généralement par la Commission européenne (dont la légitimité démocratique est contestable).

 

Le respect de la souveraineté populaire et du suffrage universel impliquent que les parlements nationaux retrouvent droit de citer de manière effective en qualité de pouvoir législatif. Ce qui implique de remettre à plat l’ensemble des délégations de pouvoir consenties en faveur des instances européennes dans le cadre de l’élaboration d’un Traité refondateur de la construction européenne.

 

 La démocratie participative (place des élus et place des citoyens).

La démocratie parlementaire a comme limite une tendance à une délégation de pouvoir sans contrôle des citoyens entre deux élections. D’où aussi cette impression d’opacité du politique et que les décisions se prennent sans eux.

 

L’aspiration à une démocratie réelle, dans laquelle les citoyens aient droit de citer de manière effective et pas seulement au moment des échéances électorales, doit être prise en compte. A travers le référendum d’initiative populaire, par exemple.

 

 La démocratie au sein de l’entreprise.

 

Depuis des années maintenant, je soutiens le développement d’une démocratie sociale au sein de l’entreprise. C’est ainsi que j’ai pu obtenir dans le cadre de la loi de modernisation sociale, avec d’autres député, des droits nouveaux pour les salariés dans l’entreprise. Par exemple le droit d’opposition du comité d’entreprise.

Néanmoins, il convient d’aller plus loin en donnant un vrai pouvoir de décision des salariés dans la gestion de l’entreprise.

 

Le revenu minimum.

Je suis pour la mise en place, en plus du maintien et de l’amélioration dispositifs actuels visant à assurer une protection sociale et un revenu minimum à tous (sécurité sociale, RMI, etc), d’une sécurité d’emploi et de formation tout au long de la vie afin d’assurer le maintien de leur rémunération pour les salariés qui aspirent à changer d’emploi dans le cadre d’un nouveau projet professionnel personnel ou à se former afin d’être plus compétents.

 

L’interdiction des licenciements par les entreprises en bonne santé financière.

En tant que député communiste, je ne peux qu’être scandalisé de voir des entreprises en bonne santé financière licencier des salariés pour augmenter ses profits, sacrifiant ainsi des salariés et leur famille sur l’autel de la rentabilité à tout prix et de l’argent-roi.

 

Je suis bien entendu pour une interdiction de licencier pour les entreprises en bonne santé financière, et pour que les entreprises assument leur responsabilité sociale et les engagements pris. Ainsi, il me semblerait normal qu’une entreprise en bonne santé financière bénéficiant d’aides publiques doive rembourser tout ou partie de ces aides si les engagements pris pour en bénéficier ne sont pas tenus.

 La liberté de la presse.

Une presse libre, c’est un gage de démocratie et dans une certaine mesure d’éveil de l’esprit critique pour chaque citoyen. C’est pourquoi il convient de défendre la liberté de la presse. Entre autres en assurant son indépendance par rapport au pouvoir de l’argent et de la finance, par un financement public à la hauteur des besoins.

 

 

 L’indépendance de la justice.

 

 

L’indépendance de la justice ne doit pas seulement être posée de manière formelle, mais aussi par la recherche des conflits d’intérêt qui peuvent exister entre d’un côté une des parties, les avocats ou encore une autorité politique et de l’autre l’autorité judiciaire. Conflits d’intérêts qui peuvent être de nature à brouiller le jugement. En effet, les entorses à l’indépendance de la justice ne sont pas forcément formelles, mais souvent informelles.

 

 Les OGM et le brevetage du vivant.

Le progrès scientifique doit être mis au service de l’intérêt général et de l’amélioration concrète des conditions de vie de chacun, et non d’intérêts particuliers, ceux des grandes multinationales et de la finance. De plus, les exigences minimales de sécurité et le devoir de précaution doivent être scrupuleusement respectées au niveau du processus de recherche expérimental avant toute introduction dans le milieu naturel.

 

C’est pourquoi je suis, vu les conditions actuelles de ces recherches, par exemple sa vassalisation aux intérêts économiques qui ne me semble pas garantir un respect optimal du devoir de précaution, pour une interdiction de la recherche OGM en milieu ouvert. Et je suis par principe hostile au brevetage du vivant, qui pose de sérieux problèmes éthiques.

 

Les transports.

Je prône depuis des années le déblocage de moyens supplémentaires pour le développement de transports collectifs de qualité. Ce qui ne m’empêche pas de m’élever vigoureusement contre le véritable racket dont sont victimes les automobiliste au profit des compagnies pétrolières.

 

Des compagnies dont les profits explosent toujours plus et dont les cours grimpent en bourse, comme on le voit avec Total qui a réalisé un bénéfice record 12,58 milliard d’euros. Dans ces conditions, n’est-il pas temps de prendre les mesures qui s’imposent pour défendre l’intérêt général face à ces compagnies pétrolières qui ne voient que leurs profits et ceux de leurs actionnaires ?

Une taxe exceptionnelle sur les profits réalisés par ces entreprises s’impose. Il faut aussi restaurer la TIPP flottante, avec un plafonnement des taxes sur le carburant (qui représente environ 80% du prix de l’essence à la pompe), afin de limiter les fluctuations du prix de l’essence à la pompe en faveur des consommateurs. De plus, avec une nouvelle affectation d’une partie des taxes sur le carburant, avec une mise à contribution des compagnies pétrolières, prélevés par exemple sur leurs marges de distribution, une amélioration et un développement conséquent des transports collectifs est possible.

 

Les services publics.

Le démantèlement, année après année, des conquêtes de l’après-guerre, entre-autres en matière de services publics, est en train d’entraîner un délitement du tissu social de notre pays. Il convient de revenir sur cette logique ultra-libérale de privatisations tout azimut des services publics ne relevant pas des pouvoirs régaliens de l’Etat.

 

Mais, de fait, ces privatisations sont le résultat de politiques européennes dictées par la Commission européenne avec, au mieux, l’abstention coupable de ceux qui nous gouvernent depuis plus de 20 ans. Donc une telle remise en cause implique une remise en cause de ces politiques à travers une refondation politique et institutionnelle de la construction européenne, dans l’intérêt des peuples et des travailleurs salariés.

 

L’eau et l’énergie.

Comment ne pas être scandalisé par la hausse scandaleuse (30% depuis novembre 2004) du prix du gaz, alors que GDF affiche des bénéfices historiques en 2005 ?

 

 

 

Face à la logique de privatisation actuelle, je pense que les secteurs de l’eau et de l’électricité doivent être gérés dans l’intérêt général dans une logique de service public. C’est pourquoi je suis, par exemple, pour la constitution en France d’un grand pôle public de l’énergie, regroupant EDF et GDF.

La taxe Tobin.

Etant depuis très longtemps pour la taxation des revenus financiers tout comme au rééquilibrage des relations économiques Nord/Sud, je ne peux qu’approuver un dispositif comme la taxe Tobin.

 

Même si j’estime qu’il n’est qu’un premier pas à prolonger.

 

 L’AGCS.

La logique du « tout marchand » qui forme la base idéologique de l’Accord général sur le commerce et les services est en elle-même inacceptable à mes yeux. Comment considérer, par exemple, le savoir ou l’éducation comme une marchandise ? Je suis donc par principe de ce fait hostile à l’AGCS.

 

Publié dans leblogdejacques

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