Contribution Partie 2

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POUR UNE MONDIALISATION SOLIDAIRE
 La mondialisation c’est l’application d’un modèle libéral aux rapports commerciaux entre tous les Etats. Elle constitue une généralisation et une intensification du libre-échange. Ce type de relations commerciales correspond à la fois à une liberté totale de circulation des capitaux et à un développement des forces productives qui permet à quelques opérateurs économiques de pourvoir à la demande des biens pour toute la planète. La mondialisation n’est en rien un mouvement naturel et inéluctable mais le nom donné aux choix politiques qui gouvernent actuellement les relations économiques à l’échelle internationale. Ces choix sont ceux du capitalisme et des marchés financiers qui les imposent à toutes les formes d’échanges entre les hommes partout dans le monde. La mondialisation est donc avant tout une construction politique à laquelle il faut opposer une autre organisation politique des rapports économiques entre les peuples. La logique du capitalisme est de permettre aux grandes richesses de faire toujours plus de profits. Mais cette logique s’est heurté à une contradiction : celle de ne plus pouvoir réaliser les meilleurs rendements (les meilleurs taux de profit). Au regard du niveau considérable de l’accumulation du capital et de la pression des aspirations démocratiques et salariales créés à partir des années 70, le système risquait d’être confronté à une crise aussi menaçante et lourde de conséquences que celle de 1929. Les forces de l’argent ont donc décidé de « réformer » le système afin de réduire toujours davantage la masse salariale (modernisation, gain de productivité, pression sur les salaires, baisse des cotisations patronales, etc) et le secteur public. Cela n’a pas suffit. La « financiarisation » a alors pris des dimensions inégalées. Ce n’est plus seulement faire de la plus-value sur le dos du travailleur comme c’était le cas au 19ème et 20ème siècle qui domine le système mais aussi et surtout anticiper sur la plus-value à venir : spéculer. Avec cette spéculation, des sommes colossales sont accumulées sur des valeurs qui ne sont pas encore le fruit de richesses produites. Des sommes raflées avant même qu’elles soient dégagées. Cela passe par un endettement record des Etats et des individus ou encore par la constitution de bulles spéculatives. Les banques centrales sont les complices de cette fuite en avant financière. Mais au final, il faut bien que cela repose sur la création de richesses ! Alors, il faut que ceux qui travaillent, « travaillent plus » et que cela « coûte » toujours moins (exonérations de cotisations patronales, non imposition de la spéculation) afin que ce soient les actionnaires qui « gagnent plus ». Voilà comment il faut comprendre le fameux : « Travailler plus pour gagner plus ». Les spéculateurs, les actionnaires et autres fonds de pensions sont maintenant les véritables décideurs stratégiques puisqu’ils orientent les choix en fonction d’une plus-value non pas effective mais anticipée. Cette recherche de sources nouvelles de profits s’exprime également avec la globalisation : il s’agit pour maintenir le système d’élargir le marché sans aucune limite géographique à toutes les activités humaines quelles soient manuelles ou intellectuelles, de production ou de services, de biens matériels ou immatériels. Deux éléments semblent avoir largement favorisé cette mutation : le développement des nouvelles technologies (notamment celles liées à l’information) et l’échec de la forme sociale alternative que représentait le modèle soviétique. La mondialisation permet maintenant la mise en cohérence du système. Elle vise à globaliser le système capitaliste pour lui permettre à la fois de se développer encore et d’assurer une emprise totale sur le monde. Combattre la mystification des obligations internationales en matière de libre-échange La mondialisation prend appui sur des obligations imposées aux Etats par voie de conventions internationales que l’on présente comme des forces supérieures auxquelles il serait impossible de résister. La plus importante de ces conventions est celle qui institue l’Organisation mondiale du Commerce. A l’échelle de la planète, l’O.M.C. a érigé l’ultra libéralisme économique et social en dogme totalitaire. Le capitalisme financier n’est donc pas seulement affiché comme la seule politique économique « crédible », elle est dorénavant la seule politique économique autorisée dans le Monde. Ainsi, les gouvernements tendent généralement à présenter les orientations libérales et les déréglementations comme des contraintes extérieures alors qu’elles ne sont que le résultat de leurs décisions politiques d’adhérer à ces conventions internationales et de les mettre en œuvre. La lutte contre la mondialisation exige une clarification qui montre que les peuples peuvent avoir une prise sur les règles économiques et sociales qui les gouvernent. Il faut combattre la mystification qui fait passer les orientations ultra-libérales des grandes conventions internationales pour une nécessité alors qu’elles sont toujours le résultat de choix politique. Pour résister à la mondialisation libérale et construire une alternative d’égalité et de solidarité dans les rapports internationaux, il faut montrer que la mondialisation résulte de décisions politiques auxquelles il est possible de s’opposer par d’autres propositions politiques. Protéger et promouvoir le pluralisme économique dans le Monde Aujourd’hui, la circulation des produits et des capitaux s’étend et se fluidifie au point qu’aucune portion du globe ne reste en retrait. En imposant un ordre total à la planète, ce mode d’échange ne prétend pas seulement lever toutes les barrières aux profits financiers, il vise également à détruire toutes les possibilités économiques alternatives. L’effet, sinon le but de la mondialisation est de faire disparaître toute forme d’échange économique ou d’organisation sociale qui ne correspond pas au modèle capitaliste. L’exemple des services publics ou de l’exception culturelle, montre à quel point la disparition des entraves à la libre circulation est en réalité une suppression des modes alternatifs de production et d’échange. Le libre-échange mondialisé prend aujourd’hui une dimension totalitaire en ce sens que le pluralisme économique est interdit. Service publics, économies solidaires, coopérative, entreprise autogestionnaire… ce pluralisme économique, aujourd’hui nous ne voulons pas seulement le défendre mais aussi y puiser les expériences et les pratiques pour proposer une autre organisation des échanges planétaire fonder sur l’égalité et sur la solidarité entre les peuples. L’égalité dans les échanges économiques à l’échelle du Monde exige une inégalité compensatrice dans les rapports entre les peuples L’Organisation mondiale du Commerce place tous les Etats sur un pied d’égalité face aux exigences du libre échange planétaire. En imposant le modèle libérale à tous les peuples, ce système prétend consacrer des règles communes à tous les acteurs économiques quelle que soit leur force. En réalité il garantie aux plus puissants la pérennité de leur domination sur le reste du monde. Ainsi, les pays pauvres ne peuvent protéger leur marché intérieur face aux exportations des pays riches parce que les pays riches ne peuvent se protéger contre les « exportations » des pays pauvres. Les pays en voie de développement ne peuvent subventionner un secteur crucial de leur économie parce que leurs entreprises ne seraient plus dans une situation d’« égalité » avec les multinationales occidentales. Ou encore, l’annulation de la dette du tiers monde serait inégalitaire parce que la dette des pays les plus industrialisé serait maintenue. L’égalité dans le capitalisme mondialisé est en réalité la meilleure manière de maintenir la loi du plus fort. Elle interdit toute résistance à la domination de quelques multinationales sur l’économie mondiale et prive les pays pauvres de toute chance de développement réel. Pour parvenir à une égalité concrète dans les rapports économiques et sociaux à l’échelle de la planète les pays les moins avancés ne peuvent être soumis aux mêmes règles que les pays les plus riches. La solidarité et la coopération entre les peuples exigent la mise en place de règles inégalitaires pour gouverner les échanges. L’inégalité de développement entre les Etats doit être compensée par une inégalité de traitement permettant de corriger les écarts. Une autre forme de mondialisation peut œuvrer en faveur d’une nouvelle répartition des richesses entre les peuples de la planète si elle se fonde sur une discrimination au profit des pays les plus pauvres. Cela exige que les conventions internationales confèrent des avantages au seul bénéfice des produits provenant des pays les plus démunis. La construction d’une solidarité économique internationale suppose aussi que les nations puissent prendre des mesures protectionnistes afin de se protéger d’une concurrence à laquelle il ne peuvent faire face. Nous voulons que l’inégalité compensatrice figure au cœur du projet pour une mondialisation solidaire, elle ouvre de réelles perspectives de développement et fonde une égalité concrète entre les peuples.

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