Les régionales illustrent la supercherie du « Front de gauche » et la poursuite de la stratégie de décomposition du PCF

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S’il y en a un qui ne manque pas d’air, c’est bien Mélenchon ! On n’est pas surpris, il aurait tort de se gêner mais quand même ! « Je suis écœuré par cette négociation sans fin sur les régionales » pleure-t-il. « J’avais mis ma candidature à disposition mais apparemment ça ne permet pas de régler les problèmes que je croyais qu’on pouvait régler ». Et il ajoute (toujours sur Canal+) : « Le temps de la cuisine est en train se s’achever, on va passer à table ».

 

Lui et son PG vont être gavés !  

 

5 têtes de liste régionales sur 22, 19 têtes de liste départementales, 50 élus potentiels et en plus le beau rôle : le « Front de gauche », qui se confond si aisément avec le « Parti de gauche » est vraiment une aubaine pour ces transfuges du PS !

Sans parler des plus d’un million d’euros dont le PCF leur aura permis de disposer, entre les campagnes des européennes et des régionales, pour lancer leur mouvement.

 

Mais il y a à manger aussi pour les plus petits groupuscules. La « Gauche unitaire », avant-garde du NPA dans le « Front de gauche », peine à trouver des candidats pour occuper la petite dizaine d’élus qu’on lui offre.

L’organisation est tellement insignifiante que, pour la faire vivre, son chef, Christian Piquet, proposé tête de liste en Midi-Pyrénées, a dû être embauché, après son départ du NPA, comme assistant au Parlement européen par un élu PCF.

Certains membres de la tendance des « refondateurs » ont créé un groupe extérieur la « FASE » (Fédération de quelque chose) pour lorgner des positions qu’ils n’auraient pas en tant que PCF. De même qu’un mercenaire de la « Mutation » façon Robert Hue, Jacques Nikonoff, écarté d’ATTAC pour soupçon de fraude électorale, tente de capter quelques places pour son « MPEP ».

 

Il y en a d’autres prétendants à la soupe mais arrêtons les sigles indigestes !

 

S’il y en a qui ont toutes les raisons d’être écœurés, c’est bien les militants communistes.

Le Parti est englué depuis des mois dans ces marchandages. D’avance, il est sûr de perdre quasiment la moitié de ses sièges. Les militants sont bafoués dans leur choix, se voient imposer des têtes de liste d’organisations insignifiantes localement, concurrentes du PCF, voire anticommunistes, derrière lesquelles on les invite à se ranger.

 

Dans ce charivari politicien, les media se font les gorges chaudes des déchirures et des difficultés du Parti, dindon de la farce.

Dans plusieurs régions, on va trouver des « communistes » sur 2 ou 3 listes différentes, sans qu’il y ait de liste présentée par le PCF.  

En Ile-de-France, Hue va avec le PS Huchon. Les refondateurs placent leurs pions partout avec Gatignon et Perreux chez Cohn-Bendit. Pour obtenir que Pierre Laurent, successeur annoncé de Marie-George, soit chef de file en titre du « Front de gauche », il a fallu céder 5 têtes de listes départementales sur 8. Etc.

Dans plusieurs régions pour sauver leurs places, éventuellement pour assumer et défendre un bilan, les élus sortants restent sur les listes d’union avec le PS.

Au moins, c’est plus clair !

 

Cette situation est lamentable, encore davantage au regard du développement des luttes dans ce pays. Mais qui d’autre en est responsable sinon l’équipe dirigeante du PCF, même si elle doit l’assumer dans la douleur !

En marge du 34ème congrès, fin 2008, elle imposait la stratégie du « Front de gauche », téléphonée avec Mélenchon.

 

Les projets de remise en cause de l’existence même du PCF après le naufrage de la candidature de la « gauche antilibérale » aux présidentielles de 2007 se sont heurtés au rejet massif des communistes avant la conférence nationale de décembre de 2007.

Par la suite, les communistes se sont prononcés sans ambiguïtés pour le maintien et le renforcement du PCF et ont évacué le mot « métamorphose du parti » du 34ème congrès.

 

Après les « collectifs antilibéraux » de 2006, le « Front de gauche » a été le moyen de poursuivre la stratégie de dilution, d’effacement, disons maintenant de décomposition du PCF, de ce qu’il représente avec sa théorie, sa forme d’organisation révolutionnaires, son histoire.

Malgré le semi échec électoral des européennes de 2009, le procédé reste à l’ordre du jour, toujours à l’occasion d’un rendez-vous électoral rendu électoraliste.

 

Paradoxalement, malgré le spectacle affligeant de la préparation des listes des régionales, le « Front de gauche » est encore tactiquement présenté comme une porte de sortie à la crise dont il est l’instrument: sur la base du poids restant des directions et d’une véritable supercherie !

 

Le « Front » est présenté comme une alliance permettant de s’émanciper du PS.

Mais une alliance, ça suppose un contenu et des partenaires clairement identifiés. Là, l’expression de « Front de gauche » aux élections, la « gauche » tout court, tiennent lieu de programme, régionalement comme nationalement. Et les partenaires sont des groupuscules créés sur mesure.

 

S’émanciper du PS ? Bien sûr, l’idée peut tromper comme la démagogie sans bornes de ceux qu’aucune responsabilité devant le monde du travail ne retient.

Mais avec le petit « éléphant » depuis 30 ans du PS (originaire du POI-PT), depuis 18 ans sénateur PS, Jean-Luc Mélenchon ? De qui se moque-t-on ?

 

S’il fallait encore des exemples : en Languedoc-Roussillon, on laisse des socialistes, repentis ou non, mener la campagne prétendument anti-Frêche (Revol, Ariès).

En Ile-de-France, la stratégie « Front de gauche » est la reproduction de l’expérience de la liste de la « gauche populaire et antilibérale » de 2004 qui a mené ses élus, « alternatifs », « personnalités » ou PCF à rentrer docilement dans l’exécutif de l’ultra (social-)libéral Huchon.

 

Le « Front de gauche », ce n’est pas sortir la direction du PCF de la satellisation au PS, c’est amener le PCF à se diluer dans un ensemble social-démocrate.

Ce qui se proclame la « gauche de la gauche », transfuges à venir du NPA compris, n’est autre que la resucée de cette « petite gauche » toujours dirigée historiquement contre le PCF.

 

Aux camarades, notamment jeunes, qui pourraient être abusés dans des débats internes confus qui tournent souvent aux jeux de rôle, parce qu’ils n’ont pas pu connaître localement le PCF de classe et de masse, affirmons aussi que ce n’est pas à partir d’une combinaison électorale politicienne que l’on construit le rassemblement politique qu’attendent ceux qui luttent.

La campagne des européennes, menée hors des préoccupations du mouvement social (ex : la lutte contre la loi Bachelot), en gommant les positions du NON de 2005 (avec le maastrichien zélé Mélenchon !), en a déjà fait une démonstration.

 

On entend déjà certains dirigeants, spécialistes du fraisage des angles, inviter les communistes déroutés à s’investir maintenant dans la campagne du « Front » comme si de rien n’était. « D’accord, c’est pas vraiment ça qu’on veut, mais maintenant allons-y ! ». Assez de ces formules aussi lénifiantes que dangereuses pour le parti ! Allons aux luttes !

 

Invitons plutôt les communistes à s’investir pendant la campagne (suivant les réalités régionales) sur ce qui devrait fonder le vote communiste, concernant les régions, par exemple contre la marchandisation des transports ou la réforme des lycées, ou concernant les questions d’alternative nationales, comme les retraites.

 

Sinon l’étape suivante se limitera à de nouveaux marchandages avec le PS et Europe-écologie entre les deux tours. Avec le refus de l’alliance avec Bayrou comme seul garde-fou mais point de celle avec Cohn-Bendit [comment nos députés peuvent-ils encore siéger avec l’anticommuniste Mamère à l’Assemblée!].

Ensuite, on partira pour 2 ans de concurrence entre candidates et candidats de la « gauche de la gauche » pour les présidentielles de 2012 pour mieux rentrer dans le schéma d’alternance à « gauche ».

 

Non, l’effacement du PCF dans le « Front de gauche » n’est pas une fatalité.

 

Si la direction ne le fait pas : les communistes peuvent s’opposer à l’OPA du maastrichien Mélenchon sur le PCF !

On entend parfois que le PS n’en finit pas de se diviser. Il serait plus juste de dire que la social-démocratie se multiplie entre un pôle à la mode « Europe écologie » et un pôle de « gauche », le « Front de gauche » phagocytant le PCF.

 

Non merci !

 

Dans plusieurs régions, les directions départementales du PCF ne se sont pas laissé effacer, en particulier dans le Nord-Pas-de-Calais.

Dans beaucoup de régions, la supercherie du « Front de gauche », est démasquée par les entourloupes des négociations. Les doutes sont levés.

 

Souvent aussi, des camarades avaient préparé l’avenir en défendant, aux conférences régionales, la proposition de listes de rassemblement présentées par le PCF.

 

Surtout, nous appelons les camarades individuellement à prendre conscience que les communistes massivement sont prêts à ne plus se laisser entraîner.

 

De congrès en congrès, les mises en garde des camarades qui ont défendu les textes alternatifs « Remettre le PCF sur les rails de la lutte des classes » puis « faire vivre et renforcer le PCF » se vérifient. Au minimum 40% des communistes n’ont pas suivi la ligne suicidaire de la direction au 34ème congrès.

 

L’opposition de fond d’une majorité des camarades, aussi de beaucoup de communistes écartés dans les faits du parti, de militants syndicaux en attente du soutien politique révolutionnaire conséquent, à la ligne de décomposition de l’acquis historique irremplaçable que représente le PCF s’accroît.

C’est elle qui a obligé les « liquidateurs » à reculer en 2007 et 2008, à trouver de nouvelles formules pour continuer d’entraîner ce que représente le PCF vers le réformisme.

 

Il y a là des points d’appui sérieux qu’il est indispensables de faire vivre comme toujours plus d’organisations du PCF, fédérations, sections, cellules, de militants l’entreprennent en prenant leurs responsabilités dans les luttes, pour mettre en échec la Loi Bachelot, la loi antipostale, la casse des retraites, l’abandon de l’industrie etc.

 

C’est le sens, entre autres, de la démarche impulsée en 2009 par l’appel du 19 mars 2009 « Faire vivre et renforcer le PCF ».

 

Ceux qui pensent que le PCF est dépassé ont le droit de le penser. Pas de le détruire !

Ceux qui pensent que plus que jamais c’est l’organisation dont les travailleurs, le peuple ont besoin pour combattre et vaincre le capitalisme, doivent le défendre et se le réapproprier.


Publié dans Maxime GREMETZ

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ZADIG 24/01/2010 11:31


Pourquoi n'est-il pas abordé le fait que d'anciens communistes opposants de gauche ont rejoint derrnièrement le NPA, et sont candidats aux régionales, issus de "Rouges Vifs" et de "Communistes en
Somme", dont LJ Belpaume, supléant de Maxime Gremetz à l'Assemblée Nationale et CR sortant.


jb 17/01/2010 04:18


http://jbavitrolles.blogspot.com/2010/01/et-javais-raison-sur-certains-cocos-pur.html



Par Vive le Parti Communiste Français De : Corinne BECOURT
dimanche 10 janvier 2010
http://vivelepcf.over-blog.fr/article-les-regionales-illustrent-la-supercherie-du-front-de-gauche-et-la-poursuite-de-la-strategie-de-decomposition-du-pcf-42570474-comments.html#c



jb 17/01/2010 04:14


j'avais prevenu, melenchon va  bouffer le pc à long terme pour le donner ensuite au ps....

voir le papier d'une camarade comuniste qui est en dissidance et qui gueule devant l'hegemonie de meluche

je suis étonné jacques que tu soit si naif

je remarque aussi que le comité de l'adsl ou j'ai bien fait de ne pas venir a été recuperer politiquement par le font de gauche et hacquart qui se gargarise

vous en reviendre de mélenchon...

de toutes facon, vauzelle sera élu, et cela grace au fn 'triangulaires' et grace aussi au desistement du front de gauche pour le ps /ump

voir ce qui ce passe en picardie


ZADIG 13/01/2010 07:09


Je suis en gros d'accord avec l'article sauf que la morale de l'histoire est que le PCF est toujours aujourd'hui tenu par la clique droitière Hue/braouezec/buffet (dans l'ordre réél de
pouvoir): je pense que le dézingage du PCF est planifié par les 3 avec l'aide du PS, et de Con Ben dit.
Il est à noter que la concéquence directe est l'absence totale du PCF dans les médias: la raison n'en est pas la haine de classe pour le front de gauche, Mélanchon pour moi est une grande gueule
trés intéressé par le pouvoir avant tout), mais l'absence totale du PCF dans le débat politique, dans l'huma, la rue, et les assemblées élues...les médias traduisent le flingage du PCF par la
clique qui le tient. Logique. Exemple en Allemagne les communistes organisent des manifs contre la guerre en Afganistan, le PCF se contente d'aller en voyage d'étiude avec le parlement embarqué par
l'Otan....


jacques 12/01/2010 08:39


Si mettre le doigt sur un problème, c'est mettre du zèle, de l'énergie etc.... quelle est la bonne manière de pointer les choses ? Tu dis toi même sur le blog de la PROVENCE que nous ne disons plus
les choses, alors on fait quoi ?